rock Rock > Damny

Biographie > Phase intime

Les mélomanes qui gravitent ou ont gravité autour de La Phaze et de son "pungle" dévastateur connaissent forcément Damny son polyvalent chanteur, autant à l'aise dans le hip-hop, la jungle ou le punk. Le Nantais a fait murir pendant des années des titres qu'il a composé en parallèle à son groupe et qui reflètent un univers intimiste. Tout ceci est sorti sur son premier disque solo éponyme en janvier 2010.

Damny / Chronique LP > Damny

Damny-Damny C'est l'histoire d'un mec qui, après plus de dix ans d'aventures en trio (laissant à la postérité trois albums studios et quelques EP et autres remixes), décide de se prendre un break et de le consacrer à lui-même. Ce mec, c'est le chanteur militant agité et non moins talentueux de La Phaze, j'ai nommé Damny. Il aura donc fallu trois ans pour que ce projet solo prenne forme, un effort au vu des activités parallèles du chanteur, des doutes qui l'ont hantés et de la volonté de ne pas se planter en définissant son univers propre. Pour cette première, Damny est accompagné du Nantais Dominique "Grabs" Morisset (Sextoys) à la guitare et de Guillaume Rousé, que l'on connaît bien pour être le batteur de La Phaze.

La Phaze n'est pas Damny, musicalement tout du moins, et ce-dernier nous le démontre à travers un album de dix titres oscillant globalement entre chansons rock et trip-hop avec quelques bribes électroniques. Si le vocaliste des punglists est habitué à scander les symptômes de la société en y mettant du coeur, il passe en mode inverse en se fait plus discret. C'est dans la noirceur que Damny fait son petit cocon, un univers mâtiné de textes profonds souvent liés aux relations humaines et aux plaisirs charnels. Pour la plupart murmurés, ces mots sont un exutoire en douceur qui surprend par le changement brutale de direction artistique par rapport à La Phaze. Avec ses mélodies faciles à retenir, ses boucles électroniques et ses rythmes urgents mêlées dans des structures raffinées, ce LP solo réussit son coup : inattendu, sinistre et classe de surcroît. On notera tout de même la présence d'un titre apparenté à La Phaze, "Nos paradis perdus" (dommageable selon moi) et un autre plus "rythmé" que les autres "Hastéroides".

PS : J'oubliais, ce disque est sorti il y a un an pile et j'en ai presque les boules de ne pas l'avoir eu avant.