The Damned Things - Ironiclast Bon ok, la pochette est ignoble. Ok (bis) la présence de deux Fall Out Boy a de quoi faire un peu frémir pour ne pas dire autre chose commençant par "vo" et finissant par "mir". Ok (ter), le mélange de rock et de metal très "light" annoncé un peu partout ne paie pas trop de mine sur l'inaugural "Handbook for the recently deceased". Sympathique au demeurant, le titre se contente de ressortir les vieilles recettes éculées d'un rock FMisé, certes excellemment produit mais uniquement destiné à être propulsé en heavy rotation sur les ondes US. "Bad blood", sa séquelle immédiate, voit le groupe muscler son jeu mais proposer des mélodies particulièrement poussives. Là normalement, c'est le moment où on commence à se dire que cette histoire sent quand même un peu le roussi.

Et c'est donc le moment que choisi The Damned Things pour passer aux choses sérieuses et montrer ce qu'il a dans le ventre, avec l'efficace "Friday night (Going down in flames)", d'abord, et le power-pop-punk "We've got a situation here", ensuite. Fun, groovy, décomplexé et foutrement bien troussé, le rock du sextet américain devient alors plus que crédible et si on arrête de regarder la pochette, on peut carrément prendre son pied. Surtout que désormais bien lancés, les zikos envoient la sauce sur "Black heart", classique mais burné juste comme il faut et badigeonné d'une bonne de cool qui fait du bien par où ça passe, puis sur l'excellent "Little darling" et son petit côté stoner rock bien senti, soli entêtants à l'appui et breaks clinquants de rigueur.

Malgré un démarrage plus que poussif et un fâcheux défaut de fabrication, The Damned Things démontre qu'il n'a contrairement à ce que les mauvaises langues pouvaient sous entendre rien d'une fausse bonne idée. Et le morceau-titre de cet Ironiclast de venir appuyer le propos : très bien foutu, "hi-energy" à souhait avec juste ce qu'il faut d'inventivité rock'n'roll pour confirmer que le groupe a aussi essayé de faire les choses bien, peu importe s'il était toujours en train de se chercher au début de l'album, ou encore un peu sur deux/trois titres sans la moindre once d'originalité ("A great reckoning", "The blues havin' blues"). Mais pour le même prix, on a au moins autant de sacrés bons titres de la trempe d'un "Graverobber" ou comme évoqué plus haut "Friday night"). Bon par contre, faut vraiment faire quelque chose pour la pochette parce que là, ça ne va pas être possible.