Curtiss on stage Curtiss on stage Samedi soir 29 novembre sur le coup des 20h30... il a plu toute la journée, il ne fait pas bien chaud, la grisaille automnale a envahi le sud (voilà pour le point météo qui n'intéresse personne), en clair, pas de quoi mettre un fenec dehors... Seulement voilà Curtiss, groupe du cru à très gros potentiel, joue au Korigan dans moins d'une heure et ça, c'est plus qu'un simple argument massue. Donc forcément, votre serviteur accompagné de sa chère et tendre sont de la partie. Trois ans après avoir découvert le groupe sur CD avec l'excellent Simplicity, il était grand temps de voir ce que ça pouvait donner en live. Et apparemment on n'était pas les seuls à se poser la question parce que la salle affiche quasi complet. Certes on pouvait encore faire rentrer du monde, mais il aurait peut-être fallu tasser et fermer les portes avec le pied. Une fois passées ces considérations bassement techniques, voici donc les cinq Curtiss, "on stage".
En pleine composition de son deuxième album, le groupe teste ses nouveaux morceaux en live sans oublier de bétonner sa setlist avec les valeurs sûres de Simplicity. Et autant dire que ça claque bien dans les écoutilles. Que ce soit dans un registre très rock ou par le biais d'envolées plus pop, les aixois mettent deux ou trois morceaux avant d'entrer pleinement dans leur set. Techniquement, le groupe est au point, artistiquement, le verdict est le même, si ce n'est une saturation qui écrase un peu les premières mélodies. Petit bémol tout de même, un jeu de scène parfois un peu en dedans. Les Curtiss sont appliqués... très appliqués, trop peut-être tant ils gagneraient sans doute à se laisser aller un peu plus, quitte à devoir composer avec quelques éventuelles approximations, que de toutes les façons personne ne remarquerait. C'est du reste ce que le groupe fait au fil des minutes, s'immergeant un peu plus dans ses morceaux et emmenant l'assistance avec lui. Les guitares s'embrasent, le chant gagne en intensité, les aixois communient avec ce public qui ne se laisse pas convaincre si facilement. Mais ce soir, les locaux mettent la salle à leurs pieds, livrant quelques tubes absolus, qui s'ils avaient déjà leurs charmes sur CD, dévoilent un potentiel de séduction incomparable en live.
Des pépites émo-pop-rock séduisantes, quelques morceaux de grande classe parsemés de mélodies graciles, le quintet finit par enflammer le Korigan et après avoir joué près de cinquante minutes, nous laisse avec l'impression de n'avoir occupé la scène que pendant une toute petite demi-heure. Rarement un set aura semblé durer aussi peu de temps. Certes, il y a encore des petites choses à améliorer ci et là, mais, à l'heure où le quintet cherche un label, on peut d'ores et déjà dire que s'il n'est pas encore un grand groupe, Curtiss n'a définitivement plus rien d'un petit... Classe.