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Biographie > Fromage ou désert ?

Derrière le patronyme The Coyotes Dessert se "cachent" les ex-Caedes ! Les métalleux marseillais qui ont rendu les armes en 2008 ont continué de faire de la musique, de se prendre beaucoup moins la tête et d'axer leurs compositions sur ce qui les a amené à la musique : le rock gras voire le grunge, comme forcément ils ont encore des gros amplis, ça sonne assez lourd et ça envoie ! Pour le moment, le groupe a surtout joué dans les Bouches-du-Rhône mais avec Welcome, leur premier EP autoproduit et dispo depuis avril 2011, les coyotes devraient pouvoir sortir de leur coin de désert...

The Coyotes Dessert / Chronique LP > The wedding

The Coyotes Dessert - The wedding Artwork On avait pourtant dit "pas de mariage contre nature"... Mais voilà, quelqu'un a cru bon tenter le coup et unir un de ces coyotes avec une jolie brebis. Certes, il était bien sapé mais son instinct a préféré prendre le couteau du gâteau pour découper de la chair fraîche plutôt que de la framboise, les tâches de couleur sont les mêmes mais la mariée va davantage sentir la sueur au moment de passer à table. Et elle sera dans l'assiette.

Voilà en substance le propos de The wedding, premier album long format de The Coyotes Dessert qui n'aura donc jamais aussi bien porté son nom qu'avec cette pochette haute en couleurs... Le groupe cherche toujours et encore à marier une certaine douceur ("My belly", "Nostalgia"...) avec une hargne sauvage ("Bring me down", "Rejuvenation") et comme souvent, au final, ce sont plutôt ceux qui ont les crocs acérés qui l'emportent. N'oublions pas que ces gars-là ont oeuvré au sein de Caedes et savent faire mâle (l'ultra agressif et réussi "Devil dance" ou le plus vindicatif mais poussif "Succubus" où la répétition fait un peut patiner le titre). Au menu, on trouve une grande variété dans les sons de distorsions et c'est ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas durant les quatorze morceaux de la galette. Les Sudistes ne nous laissent pas le temps de nous habituer au ronron des amplis qu'ils changent déjà d'effets et relancent une machine qui sait jouer sur la chaleur ("A lady" et son ambiance qui me rappelle le générique de Californication, "Apollo creed" et son gimmick ultra dynamique) et titillera les amateurs de la référence Queens Of The Stone Age ("The river").

Avec Welcome, The Coyotes Dessert laissait entrevoir de réelles qualités dans un temps réduit, avec The wedding, ils prouvent qu'ils peuvent tenir la distance. Et ce, sans l'aide de personne (ou presque) puisqu'en autoproduction et avec des talents locaux (enregistrement à Gardanne, mastering à Embrun). Félicitations.

The Coyotes Dessert / Chronique EP > Welcome

The Coyotes Dessert - Welcome Imagerie ricaine (le panneau du motel, les coyotes) et même un titre "American car", boussole orientée sur le sud ("El rancho", les bras nus, les coyotes), un brin d'humour ("dessert" à la place de "désert", les moutons et les masques de coyotes), ça sent la bonne pioche alors qu'on a pas encore mis le vinyl dans le lecteur CD (ouais, les mecs ont sérigravé leur CD en mode old school avec des sillons) et le temps de s'éclaircir la voie ça envoie !
Et The Coyotes Dessert ne tortille pas du cul quand il faut faire dans le style stoner : un riff qui tournicote, la batterie embraye et voilà nos 4 zicos qui nous frisent les esgourdes au quart de tour ! Le chant est granuleux mais mélodieux, les harmonies sont fines alors que le son est gras, pas de doute les Coyotes connaissent leurs références et savent user de leurs gammes pour nous faire plaisir. Riffs chaleureux, basse ronronnante, voix plus claire ... par moments, les Sudistes cherchent à nous charmer et tranchent avec quelques poncifs du genre qui voudraient qu'on soit toujours au galop, sur ces passages, on s'éloigne du stoner pour se rapprocher d'une sorte de post-grunge à la cool ("El rancho" ou "Day of sorrow" me renvoyant aux ballades de Creed) et si on savoure autant ces accalmies, c'est bien que le reste du temps, la disto fait son boulot... Saturée à souhait, la guitare trace sa route seule comme une grande à grands renforts d'effets bien réglés ("That little game", "Perfect") ou alors s'éclate avec la rythmique ("Vampire"), et si c'est l'instrument leader de toute formation stoner, le mixage est bien dosé et laisse de la place aux autres.
Welcome signe la bien venue d'un nouveau groupe stoner dans nos contrées et comme The Coyotes Dessert bénéficient d'une grande expérience, d'une voix parfaite pour ce genre et n'a rien laissé au hasard (artwork, livret, son...), ce premier EP est une belle réussite qui fait saliver les fennecs que nous sommes quant à la suite de leurs aventures et pas uniquement parce qu'on est voisin de dunes !