Les Cowboys Fringants - 2015 Le rôle de chauffeur de salle revient à un vieil ami du groupe, Steve Dumas, seul avec sa guitare et ses pédales, il a la scène dans le sang. On sent que c'est son domaine et même si son répertoire, proche de la variét-pop - récemment étendu avec la sortie en février de son petit dernier, Nos idéaux - nous emballe plus ou moins, ses chansons francophones bricolées à la fois kitchouilles et entrainantes font office de bon starter, sans le petit "plus" qui fait la différence malgré tout. On le sait, ce n'est pas une sinécure de se trouver seul face à un public venu très majoritairement pour voir la tête d'affiche, alors quand Dumas invite Marie-Annick Lépine, la violoniste des Cowboys Fringants, pour l'accompagner sur leur "Je ne sais pas", c'est toute une salle remplie qui frétille. Chapeau à Steve pour sa bonne humeur communicative qui a su remplir son objectif.

Découvert lors de mon premier voyage étudiant au Québec au début des années 2000, à l'époque où le groupe qui était encore en mode country (dont le formidable Motel capri suivi du succès de Break syndical) n'avait pas d'écho en France, Les Cowboys Fringants ont tout de même réussi à traverser les décennies en gagnant une nouvelle génération de fans tout en gardant une partie importante de son public. Pour ma part, je les avais un peu perdus de vue après la tournée du très moyen La grand-messe sorti en 2004, ce concert à l'Olympia était donc la meilleure des manières pour faire un constat sur ce qu'étaient devenus nos cowboys depuis le temps. Et le public n'a pas été déçu, c'est le moins qu'on puisse dire.

C'est sur une scène relevée pour accueillir deux batteries que la formation de Repentigny (augmentée de trois musiciens) ouvre le bal avec l'un de ses derniers tubes "By bye Lou". Ce soir là, Les Cowboys Fringants ont axé leur setlist sur une quantité importante de titres percutants limite proches des Dropkick Murphys par moments ("La cave", "La marine marchande", "Paris-Montréal") avec la vigueur scénique de la Mano Negra, tout en faisant la part belle aux anciens titres ("Marcel Galarneau", "La manifestation", "Joyeux calvaire !", "En berne", "Awikatchikaën", "Le shack à Hector", Mon chum Rémi"). Partant de ce constat là, c'est un vrai bonheur de se plonger en direct dans cette grand-messe de la country-(punk)-rock québécoise, presque inattendue à la vue de la sortie des derniers disques du quatuor (sauf le dernier peut-être qui semble renouer quelque peu avec la puissance des premiers). Ce dernier, via notamment son bassiste ultra déchaîné qui se tape son petit slam ou bien effectue puis distribue des sculptures de ballons de baudruche, partage beaucoup avec son public, le fait monter sur scène ou permet même une demande en mariage en bonne et due forme. Une véritable communion dansante et vocale de 2 heures qui sera gravée à coups sûrs dans les mémoires de chaque participant. Le show parfait !