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Biographie > diabolique ?

Doux trio délicieusement décalé, Cornu a troqué un violon contre la guitare du power trio. Ici la basse rempli deux fois plus d'espace qu'habituellement, se fait encore plus innovante. Une voix pénétrante, aigue, voire hystérique par moment, Julie chante sa vie, sa joie de vivre, ses coups de blues, ses coups d'éclats. L'alchimie acidulée du groupe, son charme indélicat opère, envoute, où déboute. Capable du plus grand silence, au plus grand vacarme, comme de la mélodie la plus intime, ou d'une Batucada de tous les diables, Cornu innove, invente, transforme, ne se prend pas la tête.

Cornu / Chronique LP > Cornu

Cornu La tête de nounours fait mauvaise impression aux premiers abords, ils s'en sont rendu compte un peu tard, mais ça n'altère en rien la qualité de leur musique. L'avantage des paroles en français, c'est qu'il n'ya pas d'effort de traduction à faire, la proximité avec le public est plus grande. -J'aimerais mieux ne plus te voir, si tu viens accompagné-, instropection jalouse, et candeur naïve, une basse balançante, un violon discret et délicat. Le pilier, la cohésion du groupe, c'est la basse, innovante et solide. "Pour vous retrouver un de ces jours", avec un refrain mélancolique, expectatique, qui se cherche presque. -Pour les odeurs de lendemains, qui rendent notre avenir incertain-. Ce riff d'intro à la basse, rond, tout en courbe, féminin, doux et solide à la fois, très simple, souligné au crayon par un petit battement de baguettes; "Nous nous sommes embrassés", tube de radio qui a permis à Cornu de se faire connaître. Des paroles très intimes, dures et candides à la fois, mélodie sensorielle qui s'envole. "J'ai besoin de tes mains", fait aussi dans le tube, toujours ces paroles sensuelles/intimes, mais cette fois un violon poète, qui danse auprès du feu, et une basse qui torniture et un slap de bonne facture mais efficace, sensuel. -Pour protéger mon corps, des tentations et des sorts-, puis un interlude basique, ou l'alliance basse-violon fait ressortir son charme. Le dernier couplet s'aventure encore plus dans l'expérimentation, un violon à peine audible, mais indispensable à l'équilibre. L'atmosphère de Cornu se peint doucement, à coups de pinceaux délicats, avec une douceur jalouse, une attente amoureuse et une impatience enfantine. La basse en contrepoint, un violon chantant dans le lointain, une batterie qui est là par nécessité, - Regarde-moi dans les yeux, tu verras maintenant Que j'ai toujours pensé qu'on pourrait être amants-. Un léger pizzicato, une mélodie insatiable, légère, "Je suis fière (mes fesses)", et ses paroles dans la veine sous-jacente à Cornu, comprendras qui voudras. Une voix aérienne, un sentiment ému, une syncope étrange, malsaine, -Je veux croire des choses qui ne se touchent pas-, c'est "La Magie" de Cornu, des apports délicats du violon. Puis s'en suis un passage dantesque, une basse profonde, réfléchie, tendre, une voix calme, introspective, douce et tendu, un violon à contretemps, en fioritures, passage merveilleux. -Je lève la tête, je lève le nez, et si je suis bien que si j'ai bu, tant pis...-, une basse en écho, résonnante, un souffle d'automne, les feuilles mortes courrent les rues, toute la poésie de Cornu, charme et délicatesse, "Je lève la tête" à des odeurs de rues abandonnées, de brise froide. Léger accords à peine saturés, une basse qui joue sur le temps et le contre-temps, une mélodie, un rythme, un charme incommensurable, -comme c'est joli, des yeux qui pleurent de jalousie-, "Youpi" avec son hystérie finale. Paroles incongrues, flottantes, surréalistes, une batterie en galop infernal, -j'ai garer mon violon en double file-, rêve hallucinatoire, accélération, le "Fax" s'énerve, -je reçois deux robes (...) et encore des fax-, et la batterie s'éteint en une histoire étoilé mi-solo, mi-final. "Piercing", sa basse mystèrieuse, dodelinant de la tête, puis un temps d'arrêt, et ainsi de suite. -Et que ton silence pèse aussi lourd que Dix tonnes de béton crochetées à ma langue-, un violon qui se traîne, un pont romantique, des harmoniques, une batterie douce. Une mélodie térrifiante, triste, douce, mélancolique, mais rageuse au plus profond d'elle même, piercing... résume bien Cornu.