Conger ! Conger ! - ZAAD Inutile de te dire que l'on a frétillé de plaisir dès que l'on a eu ce nouvel album des congres dans les mains tant At the corner of the world et sa noise open-mind avait été une sacrée carte de visite. Une conjugaison parfaite d'éclectisme, de songwriting deluxe pour un impact exponentiel. D'ailleurs, deux ans après, l'intérêt pour cet album ne faiblit toujours pas.

Pour ZAAD, la recette semble de prime abord sensiblement la même mais le groupe semble encore plus enclin à repousser les frontières de leur identité, on en veut pour preuve "To let them play with fire ?" où Conger ! Conger ! fait preuve d'assez de talent pour rendre un morceau disco parfaitement acceptable. Et jouissif en plus ! Le reste, c'est aussi de la balle, le haut du panier, de la haute voltige, de l'endorphine par palettes, toujours avec cet éclectisme des plus judicieux : post-harcore sur "Why making child tonight ?", post-punk sur "Why making child ?" tandis que "Why making ?" me fait penser à du dEUS période In a bar, under the sea (ou Trunks pour citer un groupe méconnu...), une sorte de pop arty avec un saxophone aux sonorités chaudes. En milieu de ZAAD, après le fameux morceau disco, les Conger ! Conger ! se lâchent complètement et utilisent des hurlements doom-sludge pour un titre qui joue à cache-cache avec les nerfs de l'auditeur pour ensuite gagner définitivement en lourdeur. Comme le disque est plutôt short niveau durée, il aurait été dommage de se foirer sur les derniers morceaux et ça ne sera pas le cas. Mais alors vraiment pas. "To let them play ?" est, là encore, une bien belle leçon de musique sans œillères puisqu'il s'agit ni plus ni moins que d'un morceau de cold-pop éthérée avant de conclure sur du pur hardcore old-school à la Minor Threat sur une plage de 40 secondes. Et je ne t'ai pas mâché tout le boulot, il y a encore une foultitude de portes (de la perception) à découvrir. C'est aventureux, pertinent, jamais chiant, toujours captivant donc parfait. Seul reproche, l'album ne dure pas longtemps et on tendance à rester un peu sur sa faim quand ZAAD se termine. Je te l'accorde, c'est un reproche de gros nase quand l'on voit le nombre de disques avec 12 titres pour 5 potables. Mention parfait quand même.

NdR : Oui, la pochette, c'est Zizou ou Zazie quand notre Jojo national est rond comme une barrique. Après la thématique du génocide rwandais, le trio s'attaque à la déliquescence de sa propre ville, c'est-à-dire Marseille. Un disque totalement approuvé par Jean-Claude Gaudin-Skywalker, pour citer un autre groupe marseillais, de rap cette fois-ci, avec deux-trois titres potables à leur actif, notamment ceux avec le Wu-Tang-crew.