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Quintet berlinois ayant vu le jour au milieu des années 2000, Condre Scr est une formation d'obédience post-rock instrumentale/ambient/shoegaze indie qui publie en 2006 un premier album (Jar Marse) passé alors totalement inaperçu dans l'hexagone tout en étant relativement bien accueilli du côté de son Allemagne natale. Puis... plus rien. Jusqu'en 2010, où le groupe, après une période de hiatus artistique et de remaniement interne décide de se remettre à composer. L'année suivante, il enregistre You are genius, qui paraît début 2012 chez Oxide Tones (Canyons of Static, Mooncake, Tunturia...).

Condre Scr / Chronique LP > You are genius

Condr Scr - You Are Genius Après les déjà excellents Canyons of Static, Collapse Under the Empire, Mooncake, The Echelon Effect ou encore Tunturia (ce qui fait déjà beaucoup en quelques mois seulement), l'inlassable découvreur de pépites post-rock qu'est le label Oxide Tones récidive une nouvelle fois avec Condre Scr. Un groupe allemand quasi inconnu de ce côté d'ici de la frontière et apparemment jusqu'à cet album dans pas mal de pays à l'exception de son Allemagne natale (en même temps il n'a sorti en six ans qu'un seul album) qui, avec You are genius, livre une véritable déclaration d'amour à ce genre, tellement galvaudé par des tas de formations insipides et en même temps magnifié par pas mal d'autres, qu'est le "post-rock".

"Bola" puis "Bogatell" développent dès les première minute de l'album une musique évanescente, à la fois organique et esthétisante, un post-rock élégant et volubile qui déjà met l'auditeur dans un état second. Entre le premier et le deuxième morceau de son You are genius, Condre Scr a déjà su faire grimper l'intensité émotionnelle de quelques crans, notamment par le biais d'un crescendo aussi progressif qu'envoûtant. Mais avec le sublime "The excellent cook", le groupe fait basculer le tout dans une dimension parallèle, un climax déchirant à la Mogwai et une maîtrise des codes du genre absolue, doublée d'une écriture raffinée comme rarement. Le collectif allemand prend tout son temps, avance ses pions pas et pas et nous met mat sans l'ombre d'une hésitation, tout en douceur velouté et sérénité étourdissante. Un chef-d'oeuvre dès le troisième titre, voilà qui est fait et enlève toute la pression au groupe pour le reste de son album.

La suite, avec "Reno boys", prend donc encore plus son temps pour laisser infuser ses subtilités instrumentales, son goût pour la finesse extrême des motifs mélodiques et ses montées en pression emmenant son public invisible vers l'effervescence sensorielle. Quitte à s'enfermer parfois quelque peu dans un minimalisme d'ascète un peu sybillin ("Jerome", "Fram"), avant de se relancer à l'assaut des cimes oniriques chères au mouvement post-rock avec ce petit côté "alternatif" qui en permanence garde le groupe en dehors de sentiers stylistiques excessivement balisés. En témoigne l'excellent et subtil "Ask the ones you know", sorte de longue et idéale introduction à la très belle conclusion de l'album. "Kong me", un épilogue tout en intensité là-encore contrôlée et retenue pudique. Classe... comme du reste le packaging de l'objet, plutôt original et agrémenté d'un artwork tout aussi étudié que l'album, sur son fond comme dans sa forme.