Concrete Knives - Our hearts Concrete Knives c'est un peu le conte de fées qui devient réalité, l'histoire vraie d'un jeune groupe de Caen qui se fait remarquer par un label indépendant londonien : Bella Union, fondé par deux ex-Cocteau Twins... la classe quoi ! La rencontre donnera lieu à la signature sur ladite structure et s'en suivra un album Be our own king en 2012, ce dernier rencontrera un joli succès public et critique ( je précise parce que les deux ne vont pas toujours ensemble...). Ainsi, ils vécurent heureux mais n'eurent aucun autre album...

Finalement, l'envie de procréer à nouveau va (petit) pousser les natifs de l'Orne à changer de label afin de voir si l'herbe y est plus verte et plus fertile. C'est donc avec Vietnam, jeune label parisien (émanation de So Press), que ces derniers ont décidé de choisir pour écrire leurs nouvelles aventures ! Cinq années auront été nécessaires pour se remettre au boulot et accoucher de ce nouvel opus et c'est "Bring the fire" tout cuivre dehors qui sert de faire-part, le titre est entraînant et stimulant à souhait, c'est le genre de morceau qui squatte sournoisement et durablement votre cortex cérébral. A ce petit jeu les Caennais sont plutôt doués lorsqu'il s'agit de poser le bon riff au bon moment (Nicolas Delahaye), la ligne de basse généreuse (Augustin Hauville), les subtiles percussions (Guillaume Aubertin) et les discrets mais efficaces arrangements (Adrien Leprêtre), l'alchimie est parfaite et c'est ce qui rend la musique du combo addictive, à l'instar de "Gold digger", "Our hearts" et "On the pavement". Impossible également de passer à côté de la royale interprétation de Morgane Colas, dont la voix aussi envoûtante qu'hypnotique plierait illico l'affaire de n'importe quel « talk show » à la con ! Autant maîtrisée qu'inspirée, la musique du groupe navigue avec une facilité déconcertante entre les eaux sans jamais chavirer : taquinant Hooverphonic sur "Sometimes", flirtant avec le fantôme de The Smiths sur "The quiet ones", ou en se hissant au niveau d'un Throwing Muses avec la sublime paire "Babies"/"Tightrope".

Il n'y a pas de place au hasard ni à la chance ici, trop de qualités sont réunies et on comprend facilement pourquoi Simon Raymonde a flashé sur les Normands...