rockn_roll_boulevard.jpg Rock'n roll blvd - Volume 1, c'est un peu le fantasme de l'amateur de stoner/desert/heavy rock qui connaît ses classiques jusqu'au fond du goulot de la bouteille de whisky et qui recherche de nouvelles sensations à s'enquiller dans le gosier. 35 groupes pas un de moins, de quoi se dire que ça va envoyer du grain quelque chose de sévère. Et bien oui, à deux gouttes près, c'est exactement ça. Vous en aviez rêvé, Buzzville Records et Longfellow Deeds l'ont fait. Rock'n roll blvd - Volume 1, où la vision panoramique idéale de ce qui se fait actuellement de mieux dans le genre, en dehors des trucs déjà bien connus du grand public. En clair, un sacré bottage de cul en perspective...
Enfin presque puisque seuls manquent à l'appel les américains d'Artimus Pyledriver. Sinon, cette compil ne nous sert que du rock qui poutre, le genre de truc qui nettoie les tympans à coups de riffs bûcherons, de basse bourdonnante et de batterie tronçonneuse, le tout en bétonnant l'ensemble avec quelques valeurs montantes déjà connues des inconditionnels du genre (Honcho, Monkey 3, Sparzanza...). Dans le détail, au rayon bulldozer on retient au choix les riffs atomiques d'"Effigy" de Gonzalez, le groove sidéral de Generious Maria ("Sheer violence"), la grosse rouste gueularde de Blind Dog ("Sleeping dog"), le speed-rock épileptique de Speedfreaks ("Money ?"), l'intensité et le sens du solo qui tabasse de Mezzanine ("Beneath the falling sun") ou les étonnants Desert Sun, qui avec leur mélange d'émo-rock, et de riffs heavy rock en crescendo font quelque chose que l'on pourrait presque appeler du post-stoner. Tout ça évidemment, rien que pour le premier CD.
S'il est évidemment toujours délicat de citer un groupe plutôt qu'un autre, sans en léser un troisième (subjectivité quand tu nous tiens), cette double compil regorgeant de compos rock aussi diverses que variées, on ne pourra aborder le deuxième CD de Rock'n roll blvd - Volume 1 sans citer au moins une fois StoneWall Noise Orchestra. Un titre, un seul ("Clone baby"), qui en un peu moins de 6 petites minutes, tartine comme personne et envoie en pleine face la pépite de stoner ultime. La suite ? C'est Hulk qui, avec "Real rocker", annonce la couleur et assure le show façon Clutch, l'énorme mur de riffs de Rite ("Bodybag boogie") ou le desert rock aussi classieux (Kyuss et les Queens Of The Stone Age ne sont jamais bien loin) que terriblement efficace de Speedway King ("Stage two"). Pour les survivants à cette séance de matraquage intensif, on pourra enfin s'attarder quelques instants sur Carlos et son "Shove it" trempé dans la sueur, la leçon de riffs rock'n roll de Cabron ("Parascending"), le chant féminin de Dirty blood (le très noisy "Wrong end") et surtout l'énorme claque d'un Kayser aussi diabolique que le personnage clef du film Usual suspects. 35 groupes pour plus de 2h30 de grosses guitares clinquantes de basse bourdonnante, de chant rageur, de rock pur et dur, brut de décoffrage et surtout ne faisant jamais dans la demi-mesure. Primaire, poisseuse, lourde et massive, Rock'n roll blvd - Volume 1, où la compil de stoner ultime. Carrément jouissif...