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Biographie > O commodor, my commodor !

Basé à Genève (Suisse) et composé d'Adriano Perlini, Christopher Henchoz et de Tim Robert-Charrue (Knut), Commodore est un trio rock/noise se situant dans la veine de leurs compatriotes de Ventura et évoquant les Young widows pour le côté aride et nerveux ou Unwound pour le groove sous haute pression. Adeptes d'un rock expérimental qui ne fait aucune concession, les Commodor signent en 2007 chez l'un des spécialistes du genre : le label hexagonal Distile Records (One Second Riot, Looking for John G, Swims, 37500 Yens) chez qui sort le 12 mai 2008 leur premier album studio : Driving out of focus.

Commodor / Chronique LP > Sunken garden

Commodor - Sunken garden Après un premier album en tous points ébourriffant, on pouvait légitimement penser que les Commodore (qui ont apparemment ajouté une lettre à leur patronyme sans que l'on sache pourquoi) signeraient chez une belle machine indépendante leur permettant de livrer un deuxième album dans des conditions optimales. Pour les conditions, ça aura été le cas, pour ce qui est d'un label indé de référence, on repassera. Les genevois ont préféré donner dans le DIY absolu, fabriquant patiemment dans leur coin un album livré dans un élégant vinyle limité à seulement 250 exemplaires. Et puis... c'est tout.

Dommage et frustrant, parce que ce Sunken garden aurait mérité une diffusion un peu moins, disons "confidentielle" que celle qui lui a été réservé, d'autant que s'il se révèle bien différent de son prédecesseur, il n'en demeure pas moins tout aussi excellent (on le dit on le répète jusqu'à ce que ça rentre) que Driving out of focus. Et au moins aussi brillant de par ses qualités d'écriture et d'exécution. Formellement, ce deuxième disque des suisses ne respire plus l'urgence sauvage des débuts et a laissé de côté la production bien sèche et rapeuse du premier opus pour quelque chose de bien plus travaillé, ciselé et maîtrisé en tous point de vue. Quelque chose de plus produit, c'est le mot qui s'impose lors de la première découverte de "Sunken garden of the Hesperides".

Un rock synthétique où l'électronique épouse les formes d'une noise vénéneuse et subtile qui dévoile ses attraits encore et encore jusqu'à nous faire succomber, ce titre inaugural est une pépite de plus à mettre à l'actif d'un groupe décidément excellent à quasiment tous les coups. La suite est d'autant plus déstabilisante qu'elle voit le groupe abandonner de longues minutes durant les sphères rock pour une matière sonore enfantée par les machines ("Rogue waves"), une semi-réussite (ou demi-échec c'est selon), bientôt effacée par "Afterglow". Un modèle de songwriting racé, dompté par des lignes de guitares acérées et une basse volubile avant que "Sex-hungry mutations", quatrième et (déjà) dernier titre de ce très court album (moins d'une demi-heure), ne vienne définitivement sceller le sort de ce trio définitivement pas tout à fait comme les autres. Court, trop court, mais vraiment bon. Et jamais trop.

PS : l'album est en écoute via le lien ci-dessous.

[ch] Sunken garden (54 hits)External ]

Commodor / Chronique LP > Driving out of focus

commodor_drifting_out_of_focus.jpg Après s'être occupé de Swims, 37500 Yens ou Looking for John G notamment, affirmant par là-même sa mainmise sur les productions rock exigeantes, expérimentales et donc ultra-indé, le label Distile Records nous sort son arme fatale : Commodor. Un groupe suisse (encore un oui...) qui taille des riffs comme personne et livre avec Driving out of focus, un premier essai discographique noisy à souhait et rock dans l'âme. Sulfurique, rugueux et implacable, oserait-on dans les milieux autorisés. Digipack cartonné, visuel minimaliste, rythmiques qui claquent sur la platine, riffs saignants, mélodies décharnées, chant sur le fil du rasoir, Commodor ne sera jamais en heavy rotation sur les ondes radios hexagonales, mais là n'est pas le sujet. Ici on cause rock expérimental qui visse les trippes sur les enceintes ("Liquid fire"), noise saturée qui joue avec les ruptures pour mieux nous mettre à genou alors que le regard se voile, envahi par un brouillard de décibels qui nous prennent à la gorge ("Panavision").
C'est alors une véritable tornade électrique qui s'abat sur nos conduits auditifs : basse groovyssime, production ultra-sèche, riffing urgent flirtant avec un stoner aride et subversif, "Don Starsky" ne se prive pas pour enfoncer le clou. Le son de Driving out of focus, bien que bénéficiant d'un mix bien particulier, débroussaille violemment les tympans avant que "Goats on the cliff" puis "Drifiting figures" ne viennent démontrer une fois pour toutes que Commodor n'est certainement pas un groupe comme les autres. Mélodies incertaines, accélérations fulgurantes, breaks lunatiques, orgie de décibels ("Dune"), le combo suisse livre quelques instants de bravoure que l'on qualifiera aisément de paroxystiques ("Tolt"). Concluant les (d)ébats sur un "Everlasting swamps of sorrow" au final oppressant, le groupe met fin à un album détonnant à l'écriture singulière. Et si l'on ne sait finalement pas ce que les Commodor ont pris pour enregistrer ce disque, cette fois c'est sûr, on veut la même chose.