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Biographie > (Jenna) Haze

Né au milieu des années 90 du côté de Munich, Colour Haze est devenu en l'espace d'une quinzaine d'année LE porte-drapeaux de la scène stoner/rock/psychée allemande derrière laquelle s'engouffre désormais des groupes comme Burning Motors, Widow People's Pub ou Stone Wedge. Au départ, on trouve trois zikos Stefan Koglek (guitare & chant), Tim Höfer (batterie) et Christian Wiesner (basse) qui dès 1995, sortent leur premier effort en commun Chopping machine. A l'époque, on est encore loin du stoner aux tendances psychées qui fera le succès du groupe puisque les trois évoluent alors dans des courants dark/doom plus underground sinon obscurs. En 1997, Tim s'en va et se voit remplacé par Felix Neuenhoff. L'année suivante, Christian quitte Colour Haze à son tour et ce sont deux nouveaux membres, Manfred Merwald (batterie) et Philip Rasthofer (basse), qui intègrent la troupe. Le groupe sort alors Seven, un album orienté stoner grunge psychédélique. Quelques nouveaux changements de castings plus tard et le groupe commence sérieusement à cartonner avec Periscope (1999), puis Co2 en 2000 et Ewige Blumenkraft en 2001. Stefan, seul membre originel du groupe monte parallèlement son label (Elektrohash) et c'est par ce biais que sortent désormais les nouveaux disques de Colour Haze (Los Sounds De Krauts, 2003). Au passage, le groupe partage deux splits avec Hypnos 69 et Gas Giant. Oeuvrant désormais en toute indépenance, les allemands enchaînent désormais les sorties avant une étonnante régularité (Colour Haze en 2004, Tempel en 2006 et All en 2008.

Colour Haze / Chronique LP > All

Colour Haze - All Du rock pur aux sonorités hendrixiennes, un groove stoner langoureux, un chant très haut perché, des tempi lancinants, guitare qui ondule doucement à travers les rochers, un grain quin sonne très vinyle, Colour Haze la joue à l'ancienne, non sans quelques petites touches modernes. Progressions psychédéliques 70's, tentations jazzy, longues plages instrumentales ("Lights") ou titre plus compact ("Turns"), les allemands synthétisent leurs influences et livrent ici un disque qui résonne comme un appel à l'évasion vers les immenses étendues arides où le stoner puise ses influences enfumées. Mélodies chaleureuses, guitares discrètement incisives, section rythmique nonchalante, le groupe n'a pas besoin de faire étalage de toute sa technicité pour séduire.
Au contraire, il joue avec les nuances, les atmosphères et ne refait jamais ce qu'il a déjà fait par le passé. Colour Haze ne se recycle pas et se remet artistiquement en question, délivrant un cocktail musical caniculaire, chatoyant et sensuel ("Moon", "If"), se livrant à un périlleux exercice d'équilibriste avec le narcotique "Stars" ou le l'éponyme et fleuve "All" (quatorze minutes d'une longue transe stoner psychée et son sitar orientalisant). Le combo durcit le ton sur le final de "Fall" puis avec "One". Des riffs soigneusement électrifiés, une basse qui serpente lentement subtilement, groove addictif et enfumé, Colour Haze sort les grosses guitares et envoie les décibels à travers les enceintes. On pense inévitablement aux Kyuss et autres Unida ou Slo Burn, mais les allemands qui ont derrière eux une discographie déjà bien remplie savent éviter de jouer les vagues suiveurs pour proposer à la place une musique à l'écriture personnelle et à l'efficacité imparable. Back to the 70's...