Coffee At 9 Tu connais l'histoire du jeune combo qui bosse pendant 3 ans, collecte des fonds avec des petits concerts, passe du temps en studio, se cale quelques dates, organise une release party et se prépare à fêter dignement la sortie de son premier EP au printemps 2020 et voit une grande partie de ses efforts se faire défoncer par une saloperie de virus ? C'est l'histoire de bons nombres de combos et c'est aussi celle de Coffee At 9 qui, corona ou pas, sort un premier jet du même nom à la mi-avril, les shows sont annulés mais la musique ne transmet pas le COVID-19 et la galette est prête alors pourquoi s'en priver ? Le trio n'était certainement pas né aux grandes heures du grunge, il l'était encore moins dans les seventies, ça ne les empêche pas de sortir des riffs gras dans la tradition stoner incandescent avec une désinvolture, des attaques mélodiques et des sonorités assez proches de ce qui se faisait à la fin des années 80' du côté du Reciprocal Recording ! Du rock aussi burné que le raton laveur qui prend son café sur l'artwork et si t'avais pas compris l'allusion, le premier titre ("Burn inside") sert de deuxième avertissement avant d'envoyer le son. Les débuts sont un peu trainaillants, ça pulse davantage ensuite (l'occasion de réécouter un peu Cowboys & Aliens ou les premiers QOTSA) et ça se termine en joyeux bordel ("Taint") connectant ainsi les Montpelliérains à quelques racines punks qu'appréciait Nirvana. Alors, certainement que Coffee At 9 se déguste bien plus en chair et en os avec une odeur de percolateur mal lavé, de tabac froid, le bruit de fond de la vie qui continue, de grandes tapes dans le dos en guise de félicitations d'avoir tout défoncé sur ce concert mais pour l'heure, on se contente de la chaleur dégagée par leur petite rondelle et on les soutient à distance.