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Né courant 2009 à l'initiative du songwriter/vocaliste Dylan Baldi, alors étudiant à l'université de Cleveland, Ohio (USA), Cloud Nothings est à ses débuts un projet solo qui voit le jour de manière quasiment "accidentelle". En effet, Dylan rentre tous les week-ends chez ses parents, enregistre de la musique pour s'amuser avec GarageBand et poste le tout sur différents profils MySpace qu'il créé alors aux noms de faux groupes. L'un d'eux, a pour nom Cloud Nothings et s'attire les faveurs d'un petit label indépendant, Bridgetown Records, qui offre à Baldi la possibilité de sortir un premier effort (solo) à l'automne 2010 avec Turning on.
Le succès d'estime, du moins dans la sphère indépendante, étant au rendez-vous, l'étudiant laisse tomber son cursus en se disant qu'il y a peut-être un truc à faire avec ce projet musical qui agite très rapidement la blogosphère hype indépendante. Une signature plus tard avec le label Carpack Records (Beach House, Toro Y Moi) et voici que Cloud Nothings grandit à vitesse lumière. Une ascension météoritique confirmée par la sortie d'un disque éponyme moins de 6 mois après Turning on et définitivement interstellaire avec la parution d'un troisième disque en 3 ans avec Attack on memory début 2012, un opus distribué par Wichita Recordings alors que de one-man band prometteur, le projet est devenu un vrai groupe à part entière.

Cloud Nothings / Chronique LP > Attack on memory

Cloud Nothings - Attack on memory 3 disques en trois années et des poussières, un "simple" one-man band devenu accidentellement LE truc à suivre du moment et accessoirement un vrai groupe, une trajectoire assez météoritique et une vitesse de propagation de buzz proprement effarante, la comète Cloud Nothings fait gazouiller la blogosphère indie/pop/rock depuis quelques temps déjà alors forcément, le W-Fenec devait finir par se pencher sur la question. Et puis caution Steven Albini (aka Mr.Big Black, Rapeman et Shellac) aux manettes oblige, il y a des trucs comme ça à la rédac' qui envoient invariablement un bon gros ping sur le sonar interne. On peut le comprendre en même temps.

Cela étant, les buzz préfabriqués, généralement au W-Fenec on les évite comme la peste bubonique. Les coups marketing, ça va merci on a donné en quinze ans. Mais quand c'est un "truc" qui prend de manière un peu inattendue, là, il y a sans doute matière à étudier le cas clinique au spectromètre de masse. D'autant que petite surprise tout de même : au lieu d'un disque vachement calibré indie hype, on a droit à une jolie mixture sonore rendant joyeusement hommage aux vénérées 90's (si si, ici on les vénère). Le résultat sonne indie-rock, pop-punk, noise, garage, post-hardcore et l'on se dit que Cloud Nothings a parfaitement ingéré/digéré ses classiques et influences pour en proposer ici une exégèse à la griffe personnalisée (du ténébreux et addictif "No future no past" à l'outrancier "Cut you" en passant par le survolté et accrocheur "Fall in"). On valide les yeux fermés et plutôt deux fois qu'une.

En plus de connaître leur sujet, on l'a dit précédemment, sur le bout des riffs, les américains ont juste ce qu'il faut pour faire bouillonner les enceintes. Avec des torpilles sonores de l'efficacité d'un "Wasted days" à la fougue juvénile contaminatrice, ou en usant à loisir des atouts du single pop-punk évident qu'est "Stay useless", ils développent un cocktail sonore de tout ce que les 90's ont apporté sur la scène musicale d'aujourd'hui, sans jamais s'abaisser au plagiat éhonté (le fougueux "Separation", "No sentiment" et sa harangue noise-rock teigneuse). Le résultat est de fait particulièrement électrisant même si le groupe ne s'évite pas quelques facilités peu nécessaires sur un "Our plans" qui tourne peu à vide après deux/trois écoutes successives.

Une élégance racée, des compositions savamment fuselées et un songwriting à l'irrévérence que lui autorise l'éloquence de ses jeunes années, Cloud Nothings est au mieux un groupe débordant de talent, au pire un recycleur particulièrement doué. On a connu des débuts bien plus délicats chez des groupes qui sont par la suite devenus grands. A suivre de près.