clogs_lantern_cover.jpg Parfois abstraite, souvent minimaliste et délicate, la musique de Clogs, que l'on qualifiera de post-classique, s'applique tout au long des douze pistes de cet album, à défricher tranquillement des contrées sonores encore inexplorées. Indéniablement, le point fort de Lantern, c'est qu'il n'est pas nécessaire d'être spécialiste de musique contemporaine pour pouvoir pleinement l'apprécier. Même si son compositeur Padma Newsome lui-même avoue avoir écrit pour Clogs une série "d'autobiographies abstraites", le résultat ne sombre jamais dans l'abscons ou l'abstrait totalement inaccessible, ce qui est malheureusement trop rare lorsque l'on parle de musique dite "expérimentale" de nos jours. Et même si le lyrisme de certaines plages a parfois tendance à trop flirter avec le minimalisme le plus absolu, on ne s'ennuie que très rarement... La musique de Clogs reste expressive, même si versant le plus souvent dans l'épure, elle est suggestive, passant d'un instrument à l'autre avec une légèreté assez étonnante. La démarche est audacieuse, à savoir livrer un album paradoxalement racé et délicat, expérimental et accessible, le résultat dépasse les attentes. Lantern est un album qui plus que ses instrumentations, aussi raffinées soient-elles, laisse la part belle aux atmosphères qu'elles développement patiemment.
Résolument moderne, mais construit sur des bases classiques, ou plus exactement néo-classiques, cet opus se révèle gorgé d'influences post-rock qui lui valent, entre autre, d'être chroniqué dans ses pages. Et ce ne peut-être qu'une bonne chose, la qualité et l'originalité se nourrissant également de la diversité. Car au final, Clogs, c'est exactement ça, l'idée d'une musique qui ne se soucie pas des conventions, un concept aux limites impossibles à cerner, une éloge de la liberté artistique particulièrement rafraîchissante en cette sombre période de diktat des majors.