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Biographie > Electric cinematic revival

The Cinematics, c'est l'histoire de quatre jeunes écossais lassés de glander dans les coins paumés de leurs Highlands d'origine. Un quotidien qui n'a sommes toutes rien de bien original, sauf que les quatre ont été bercé durant leur plus tendre enfance au son de The Clash et autres Talking Heads, puis un peu plus tard, The Cure, New Order, Jeff Buckley et finalement des Smashing Pumpkins. Un bon pedigree pourvu que l'on ait suffisamment de goût et accessoirement de talent pour réacommoder tout ça avec un sens du tube suffisamment affiné pour exploser les charts et faire sauter la banque. Par chance, The Cinematics, c'est ça et même un peu plus. Après un EP 4 titres qui a mis la presse spécialisée à genou et quelques premières parties pour des têtes d'affiche telles que Snow Patrol, Franz Ferdinand ou We are scientists, le quartet écossais a la hype et déboule fort logiquement dans les bacs début 2007 avec un premier album baptisé A strange education et une envie folle de tout casser sur son passage... Nous voilà prévenus.

The Cinematics / Chronique LP > Love and terror

The Cinematics - Love and terror Si Strange education avait été il y a deux ans une belle surprise au rayon des pépites rock anglo-saxonnes, pas forcément annoncées à grand renfort de plan promo massif mais à l'efficacité pourtant imparable, l'album n'avait pas permis au groupe de sauver son label TVT, lequel a depuis mis la clef sous la porte. Crise du disque oblige, le groupe a trouvé refuge chez The Orchard, spécialiste de la distribution digitale et sort aujourd'hui son deuxième effort dans un contexte de sinistrose collective dans cette industrie. Doit-on y voir le léger manque d'ambition et de prise de risque(s) que l'on pressent à l'écoute d'"All these things" puis "She talk to the trees", deux titres chargés d'ouvrir ce Love and terror, au demeurant bien efficaces, mais qui semblent largement en deçà de leur potentiel ? L'ensemble se laisse écouter mais en ce début d'album, The Cinematics cuvée 2009, s'il commet ici des titres immédiats et très (trop) "Bloc Party-like", peine à se hisser au niveau d'excellence de son premier effort. A grand renforts d'arrangements tendant vers la brit-pop 90's, les écossais tentent alors de varier les tonalités de couleurs que va prendre leur musique avec "New Mexico". Sans grand succès. Car il manque quelque chose, ce petit grain de fantaisie électrique, cette fièvre électrique qui s'emparait de son premier album pour l'emmener dans les hautes sphères du rock anglais. On se dirige donc vers une déception après un Strange education pourtant impérial ; et c'est justement à ce moment là que le groupe relève la tête avec l'éponyme "Love and terror". Moins immédiat que les titres précédents, celui-ci prend le temps d'instaurer une ambiance, de soigner ses atmosphères de nouveau très cinégéniques et nappées de mélodies empreintes de références littéraires. The Cinematics l'avouent, ils ont lu Rimbaud, Kurt Vonnegut et Tom Wolfe, ce qui est plutôt une preuve de bon goût. Et si ça leur permet pas de réussir leur coup à chaque fois (un "Lips taste like tears" très paresseux), cela les incite à délivrer des compositions du calibre d'un "Wish (When the bank collapse)" ou d'un "Hospital bills" new wave sur lesquelles ils portent aux nues leur amour pour ce revival 80's (façon Interpol et Editors) qui avait fait leur marque de fabrique sur 'Strange education. De tubes électrisants aux mélodies fougueuses ("Moving to Berlin") en morceaux plus apaisés mais pas moins aventureux (Hard for young lovers), les Ecossais tendent à prouver avec cet album que s'ils n'ont pas (encore) l'étoffe pour rejoindre les plus grands au panthéon du rock anglo-saxon, ils sont bien incapables de verser dans la médiocrité. En l'état, on ressort de Love and terror avec la réjouissante conviction que même le plus insipide des morceaux signé The Cinematics, se laissera indéfiniment écouter non sans plaisir. Et ça, c'est plutôt classe.

The Cinematics / Chronique LP > A strange education

the_cinematics_a_strange_education.jpg Depuis quelques mois, le constat est clair, la scène pop-rock anglo-saxonne n'en finit plus de se (re)vitaliser. Et aux côtés de désormais célèbres Bloc Party ou Kasabian viennent se greffer des vagues entières de groupes plus ou moins talentueux et dont la particularité est de souvent être baptisé "The" quelque chose... (sic). Si si c'est possible, la preuve : The Rakes, The Kooks, The Automatic et maintenant donc The Cinematics. Evidemment, il y a, comme souvent dans ces cas-là, souvent à boire et à manger, mais en ce qui concerne les écossais derniers-cités, A strange education, leur premier album vient démontrer sans l'ombre d'un doute qu'ils font partie des tous meilleurs groupes du genre que compte le Royaume-Uni. Véritable machine à tubes montée sur ressort, A strange education est un album qui déverse ses hits comme d'autres enfilent les perles. The Cinematics, c'est un peu comme si Bloc Party dînait avec Interpol en flirtant au passage avec New Order pour finir la nuit avec Kasabian.
Résultat de cette collision frontale : 12 bombes new-wave power-post-punk machin-chose ultra vitaminées et soigneusement calibrées pour carboniser les dance-floors des clubs de sa très gracieuse Majesté. "Race to the city", "Break", l'éponyme "A strange education", défilent dans les enceintes, on s'en doutait un peu, avec le passif de ces quatre écossais, l'album n'est pas d'une originalité édifiante mais son efficacité orgiaque est assez effarante. Car si le groupe a largement tendance à puiser dans ses références musicales sans éviter une certaine redite, c'est avant tout pour divertir les foules un peu comme on va se farcir un bon gros blockbuster américain au ciné. Et au passage, aux côtés de quelques morceaux plus innoffensifs, The Cinematics nous offre quelques pépites destinées à tailler des croupières aux charts anglo-saxons comme "Chase" ou "Sunday sun", l'énorme single qu'est "Keep forgetting" ou le très "Bloc Party-like" "Ready now". Alliant l'énergie et la prod d'un groupe ultra-moderne avec quelques influences plus old-school pour, au final, nous jetter en patûre un album gorgé de hits jusqu'à plus soif, The Cinematics se révèle être le choc anglo-saxon de ce début d'année. Clap your hands say yeah !