rock Rock > Cielo Drive

Biographie > Mulholland n'était pas libre

Ce sont deux guitaristes qui forment Cielo Drive en mai 2006, Valentin assurera aussi le chant tandis qu'Alban pourra également assurer les choeurs, au clavier et au violoncelle. Le nom du groupe renvoie à l'adresse de Roman Polanski et Sharon Tate, adresse devenue célèbre après le massacre organisé par Charles Manson puis par Trent Reznor (Nine Inch Nails) qui acheta la maison pour en faire son studio (d'où il lancera Marilyn Manson) avant qu'elle ne soit revendue et détruite. Mais c'est une autre histoire, les deux franciliens s'entourent ensuite de Cédric (batterie) et de Raf qui sera remplacé par Paul à la basse. En 2007, ils sortent un premier EP : Maybe blood will never be so sweet again, prennent de l'assurance, partagent des scènes (avec The Spooks ou Insane Bananas par exemples) et enregistrent un nouvel EP avec Shanka (Lycosia, Destruction Inc., No One Is Innocent) : Road to ruin.

Cielo Drive / Chronique LP > Deafening silence

Cielo Drive - Deafening silence Découverts il y a un peu plus de deux ans avec un excellent EP (Road to ruin), les Cielo Drive nous reviennent dans les feuilles avec l'oxymore Deafening silence (que l'on peut traduire en "silence assourdissant"), soit 10 titres rock qui naviguent entre grunge, heavy et stoner. Dix plages qui n'ont rien de silencieuses (ce serait très con et ça a certainement déjà été fait par un créateur d'art con-temporain) mais rien non plus d'assourdissantes (à moins de vraiment pousser le volume) car elles se laissent écouter avec facilité, plaisir et donc délectation.

Même "Love, hate, love", seul morceau sur lequel j'émettais quelques réserves à l'écoute du maxi, passe bien, son tempo adouci offre un break au milieu de titres plus enjoués, et avec d'autres passages tempérés ("Point doom" ou "Mustachez" et son ambiance post-rock introductive), donne un caractère vraiment "rock" à l'album, l'adjectif "fourre-tout" prenant le pas sur les autres qu'on lui colle régulièrement sur le dos. Dans le ton, cette couleur et ce style de chant me remet en tête les riffs et les mélodies de Mad Pop'X, un combo du siècle dernier que je ne saurais que trop conseiller aux plus jeunes qui apprécient Cielo Drive, car "Mad dog" pourrait sans mal s'incruster sur un de leurs deux opus.
Les multiples influences des membres du groupe s'expriment par petites touches et forment au final la griffe d'un combo qui ne s'enferme pas dans un genre (ou un sous-genre) alors que l'époque est plutôt propice au remplissage de cases bien particulières et à la spécialisation dans un registre donné. Ici, c'est le bon riff, la petite mélodie, le son qu'il faut quand il faut qui priment sur le reste, les morceaux sont donc tous assez bons indépendamment les uns des autres et forment un tout agréable avec pour chacun des moments qui le sont plus que d'autres (pour moi, le gras de "Fade in" ou les attaques de "Rather be alive" sont de très bons passages même si pour ce dernier titre, le chant est parfois en dessous du niveau moyen).

Si dans une soirée, tu es amené à chercher un enchaînement entre Mogwai et Alice in Chains, tu peux passer quelques titres de Cielo Drive, le quatuor réalisant le grand écart sans rien se froisser ni rien nous égratigner. C'était osé dans l'idée, c'est réussi sur le CD, quoi demander d'autre ?

Cielo Drive / Chronique EP > Road to ruin

Cielo Drive - Road to ruin Alors que la seconde guerre mondiale éclate à l'Ouest, Winston Churchill est nommé premier ministre et dès son premier discours annonce la couleur par ces quelques mots : "Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur". Programme politique peu engageant mais sacrément réaliste... T'imagines que durant la crise économique, un de nos ministres ait dit "Il ne pas se voiler la face et se sortir les doigts" ? Churchill était comme ça, Churchill fumait, buvait, n'en avait rien à foutre du sport et a vécu 90 ans, Churchill était un bon vivant mais les circonstances l'ont assombri. C'est quoi le rapport avec Road to ruin ? Ecoute le premier morceau "Somehow people get darker" et tu comprendras... C'est cet extrait de ce fameux discours qui est en effet notre premier contact avec le nouveau maxi de Cielo Drive. La première étape passe donc par notre débarquement à l'aéroport de Van Nuys (si on se réfère à la carte au dos de la pochette), l'atterrissage est brutal tant les guitares amènent des turbulences et quand on croit que c'est passé, on en reprend une plus belle couche dans la tronche histoire que le chant puisse se poser plus en douceur. Ca embraye, ça accélère, le groupe tient la route comme de vieux briscards et semblent s'amuser à nous balancer tout à la fois riffs puissants, petit solo et break dans la foulée ("Grin"). Comme si la démonstration n'était pas suffisante, avec "On my trail" Cielo Drive démarre acoustique puis mêle des instruments à cordes plus doux (violons) au chant et à la guitare, c'est classe et touchant, alors qu'on croit que le titre va se terminer, on a le droit à de superbes relances électriques, bref c'est plus que classe ! Le quatrième et dernier morceau n'est pas une reprise d'Alice in Chains même si c'est "Love, hate, hove" et si le titre est capté en live comme l'intro semble l'indiquer alors il y a un énorme boulot sur le son qui est encore impeccable. Le rythme est plus haché et on trouve beaucoup de choeurs, ça rend la compo moins excitante que les trois premières jusqu'au furieux final qui promet de bons concerts...
Rock burné option stoner avec un son en béton, tout ce qu'il faut de gros riffs, de rythmes et de mélodies, avec les 4 excellents morceaux de Road to ruin les Cielo Drive se font remarquer, on les attend désormais au tournant...