Ces propos sont recueillis avant (mini-conférence de presse) et après (interview perso avec le groupe) leur set qui était hélas bien court (moins d'une heure !). Cependant il faut avouer qu'ils ont mis le paquet ayant une incroyable présence scénique (ah... le charisme de T... ) et un set vraiment dense. Leur répertoire se composait ce soir là de titres du dernier album, de plus anciens et, pour le bonheur de leurs fans (mais aussi des autres !), d'une série de nouvelles compos vraiment magnifiques. Merci à eux.
Chokebore
Vous arrivez tout droit d'Italie et de Suisse. comment avez vous trouvé les concerts la bas ?
Troy : Bons, vraiment bons. Il y avait pleins de gens tout fous là bas... c'était vraiment bien.
Vous aimez tournez en France à ce qu'il paraît...
T : Ouais on a plein de potes en France, on aime bien la France... . il y 'a de la bonne bouffe (ils sortent le camembert) mais il fait pas assez chaud !
À propos de nouvel album et de sa production...
T : Ben on a eu des problèmes avec notre maison de disques, mais tu sais, c'est carrément différent le business et la musique... Et nous, c'est la musique qui nous intéresse. Tant qu'on vend assez pour en vivre... Même si on mange pas assez ! T'as vu comme je suis maigre ? (rires) Sinon, j'ai beaucoup écrit, on a beaucoup composé aussi
John : Ouais on a assez de textes pour faire trois albums !!!
T : Je pense qu'on va enregistrer le nouvel album en juillet, peut-être en Espagne. On aime bien le changement, les deux derniers albums, on les avait enregistré en France parce que ça nous plaisait [au Black Box Studios]. En tout cas, le nouvel album sera vraiment différent, à la fois plus violent, plus dynamique, mais aussi très doux sur certains titres... On n'a pas envie de se répéter, de faire les mêmes chansons, mais on n'a pas non plus de direction spécifique. Et puis, nos personnalités ont évolué aussi...
Vous êtes définis comme un groupe noisy mais mélodique... vous êtes d'accord avec cette définition ?
J : Ben, en fait...
T : Non, c'est vrai ! C'est une bonne définition !
Par rapport aux textes. Y'a t-il des influences d'auteurs particuliers ? Parfois, je t'ai trouvé assez proche de Jim Morrison quant à certaines images que tu évoquais...
T : Non... non je ne crois pas... je n'ai pas d'influences de ce coté là. Tu sais, j'essaie vraiment d'écrire quelque chose de parfait... . J'aime vraiment ça, écrire et la musique... Je ne vois pas ce que je pourrais faire d'autre sinon. J'écris tous les jours, mais ça prend des années pour que ça sorte enfin ! J'essaie d'écrire LA chanson de Chokebore, quelque chose de vrai et de vraiment magnifique, vraiment triste, mais qui ferait pas forcément pleurer, qui ferait plus que ça... qui ferait autre chose. Sinon, pour ce qui est de Jim Morrison, pas vraiment, mais mes parents l'ont vu au concert où il a enlevé son pantalon ! C'était bien ! Enfin, je veux dire le concert ! (rires) Pour ce qui est des paroles, en musique, c'est très important qu'elles soient comprises en général, et ça l'est d'autant plus pour moi, je veux être compris...
Dans "Ghosts and the swing of things" de l'album A taste for Bitters (le 2ème album), tu dis « They treat their lives like sad songs and so do I ». Est-ce vraiment ainsi que tu envisages la vie ? Comme quelque chose de vraiment triste ?
T : J'aime ça écrire des chansons tristes, c'est ce que je veux, il n'y a que comme ça que je me sens vraiment bien. C'est là que je retrouve de l'espoir. Quand j'entends des chansons tristes sur un album je sais que c'est celles là que j'aime... De nos jours, dans le monde, tout est tellement moyen, tout reste moyen, ce qu'on recherche est avant tout la qualité, c'est que Chokebore est et cherche quelque chose de pur. La pureté, c'est essentiel, mais j'espère aussi qu'on ne l'atteindra jamais. Tu vois, on n'a pas un rond et peut-être qu'on a pas non plus de futur. Peut-être qu'on en a un après tout, je sais pas... Tu sais, l'année dernière, j'ai beaucoup réfléchi à la foi, à la confiance que j'avais en certaines choses et c'est dur de savoir exactement où on va. Je sais ce que j'aime et ce que je veux, quand j'écris et ça me semble magnifique... c'est ce que je veux garder, ces sentiments.
Mais sur les nouveaux morceaux, il semble que vous retrouviez la joie de vivre non ?
T : En fait, on cherche avant tout à ressentir les choses et à les exprimer telles qu'elles le sont. De plus, la musique contrebalance les mots. Sur les nouveaux morceaux, elle est plus gaie même quand les paroles sont vraiment mélancoliques. Tu sais, c'est vraiment la seule façon où je me sens fort, confiant. Je pourrais écrire des trucs plus gais, mais ça sonnerait faux pour moi.
"I'm seeing things that no one wants to see" (Every more a picture, Black Black)
T : C'est quand je me sens comme fou, quand tu as vraiment l'impression d'être possédé, pas besoin de drogues ou quoi que ce soit, t'es dans cette pièce et tout d'un coup tu es ailleurs en même temps... alors t'as des images qui te viennent à l'esprit... c'est de là que vient la musique... Sans ça, la vie ne vaut pas la peine d'être vécue... Je pense que tout le monde ressent ça, mais la plupart des gens ne cherchent pas à le traduire, ce qui est dommage et ils restent enfermés dans leurs têtes.
Qui est Valentine (Valentine de "Black Black") ?
T : C'était une ex-petite amie que j'avais à Hawaï. Elle habitait vraiment dans un coin paumé de l'île et pour y accéder, tu devais prendre une route noire sans lumières et c'était assez effrayant ! C'était ma première "Valentine" enfin pour la Saint Valentin. Camilia... c'est une autre fille... ... Ça te fait vraiment un coup quand tu connais une personne et que tu la revois des années plus tard avec ses enfants. Même si elles ne sont pas la même personne ... elles représentent un peu la même personne... ce sont des symboles...
Y a-t-il un message particulier que vous cherchez à établir entre le public et vous ?
T : Non, pas vraiment. Mais je pense que les gens doivent chercher leur propre réponse a travers notre musique... nous ne leur proposons rien de particulier. Tu sais, comme dans les livres, l'auteur écrit une chose, le lecteur en comprend une autre. Si j'avais peut être un message à délivrer, ce serait de leur dire qu'ils peuvent s'exprimer, qu'ils le doivent même ! C'est vraiment une façon de vivre. L'individualité est vraiment quelque chose d'important. Ça prend du temps, c'est calme, mais il faut l'écouter voir ce qu'on devient. Quand je serais vieux, si on me connaît toujours pour ma musique... je veux que les gens puissent dire... c'était un homme qui a su s'exprimer.
Une question à la quelle vous n'échappez jamais. c'était comment avec Nirvana ?
J : C'était bien vraiment bien... on les a pas beaucoup rencontré parce qu'ils avaient plein de problèmes à ce moment, tu sais, c'était leur dernier tour aux USA (1993)... Mais Kurt Cobain était vraiment bien, il s'est occupé de nous, il faisait gaffe que tout aille bien pour nous.
T : Tu sais, c'est bizarre... Tout d'un coup tu te retrouves à jouer devant 30.000 personnes... Et en plus c'était cool, Nirvana, ils avaient de la bonne bouffe ! (rires)
Quelle est la question que vous aimeriez que l'on vous pose ?
T : Pourquoi es tu aussi beau ? (rires) Non je rigole. En plus, je suis pas du tout un chanteur charismatique !
Vraiment ? C'est pas ce que j'ai entendu dans la salle...
T : Tu trouves ? Non franchement... je fais pas gaffe à ça... quand je joue je suis dans la musique et il n'y rien d'autre. En plus aujourd'hui, ça devait être mauvais, j'ai complètement perdu ma voix !
J'ai lu dans une interview que tu avais dit un jour que tu voulais te prendre des coups de pieds au cul pendant un set. (rires)
T : Quoi ? J'ai vraiment dit ça ? T'es sure, "coups de pied au cul " ? C'est une fausse citation !
Mais tu l'as dit !
T : Ouais peut-être, mais ça fait mal. Tu sais, je m'en suis pris un et ça fait vraiment mal !!! (rires) En tout cas, c'était une bonne question ! Ça m'a fait plaisir ! Tu veux un bout de pizza ?
Fin de l'interview et débuts/continuations de la ripaille, les mecs se jettent littéralement sur la bouffe ! C'est vrai qu'on mange bien chez nous ! Merci a T, J, Christian et James de Chokebore (malgré la fatigue, la faim et le froid !) pour nous avoir aussi bien accueillies avant et après leur concert et un grand merci à Concertinpg et à François pour l'organisation et les photos !





