J'étais étonné de trouver un groupe comme The Chisel dans les rangs du label ricain Pure Noise Records, plutôt orienté emo/post-hardcore, voire metalcore (State Champs, Knocked Loose, Koyo...), même s'il a aussi eu le bon goût de signer Samiam ou Cloud Nothings, entre autres. The Chisel (aka le ciseau, le burin) dénote donc de par sa nationalité (anglaise) et son style (punk à l'état brut, mais sans être (trop) bourrin), et s'il fait office de sale gosse, il n'en a pas moins des choses à dire à grands coups de Doc Martens. Car oui, fort heureusement, à l'inverse de nombre de ses congénères brittons, il n'a pas rajouté de "post" chiant à son punk, s'en limitant à celui de la rue, des pubs, flirtant avec la oi!.
Si après cette ébauche de description vous avez quelques stéréotypes, représentations en tête, il y a fort à parier que The Chisel les coche toutes : un accent de vaurien bien prononcé sur une voix éraillée, des textes qui racontent la violence, qu'elle soit sociale ou plus physique entre les individus, des morceaux qui dépassent rarement les 2min30, mélangeant admirablement agressivité hardcore ("No gimmicks", "Fuck'em") et puissance mélodique ("Cry your eyes out")... What a fucking nightmare c'est tout ça, un putain de cauchemar dont on n'a nullement envie de se réveiller et qui nous tient en haleine jusqu'à la fin du disque, où se trouvent peut-être les meilleurs hymnes du groupe : "Vengeance is for me", "What do you mean" ou "Cuts like a knife", avec des refrains à reprendre en chœur comme le veut la tradition.
Publié dans le Mag #62


