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Il y a des groupes qui prennent délibérément des risques limite inconsidérés, rien qu'avec leur nom. The Charlatans en fait partie. Pour faire court, on dira qu'avec un tel nom de groupe, autant être irréprochable à moins de passer pour des guignols qui ne veulent qu'une seule chose : trôner à l'un des différents étages du star-system musical. En clair, qui est généralement bon à jeter : un pur groupe kleenex. A l'inverse, en prenant un risque d'entrée, on peut sans doute dans l'ordre d'idée contraire s'attirer les faveurs des curieux, à condition de les convaincre par la suite. C'est évidemment à double tranchant, mais cela méritait d'être souligné. Quoiqu'il en soit, étant donné que The Charlatans ont déjà sortis sept albums, avant même que Simpatico ne débarque dans les bacs, il faut donc croire que le groupe a su rallier à sa cause un public assez fidèle.
Petit bémol cependant, on sait tous que les classements dans les charts s'ils sont révélateurs de l'amitié que vous porte (provisoirement du moins) votre banquier, se sont pas pour autant nécessairement preuve de qualité. C'est aussi ça l'absurdité du monde musical. Mais pas tout le temps, heureusement. Pour autant, comme la plupart des albums de The Charlatans (Some friendly, Wonderland, Tellin' stories, Up at the lake) ont cartonné outre-Manche, on pouvait se poser quelques questions au moment d'aborder ce Simpatico, huitième opus studio du quintet anglais. Début de réponse.

The Charlatans / Chronique LP > Simpatico

the_charlatans.jpg Mélodies easy-listening, omniprésence du clavier, rythmiques entêtantes, le Blackened blue eyes qui ouvre cet album de The Charlatans permet de découvrir l'univers du groupe en séduisant l'auditeur le plus exigeant en moins de 4'30. Single évident, inspiré, abouti et d'une efficacité confondante, il laisse d'entrée augurer le meilleur pour Simpatico. C'est pour cela que l'on est d'autant plus déçus à l'écoute des titres suivants ("NYC : There's no need to stop", "For your entertainment"...) trop convenus pour rester dans les mémoires. "Muddy ground" vient heureusement relever le niveau avec sa mélodie pop et son clavier rappelant que l'on peut savoir utiliser un piano sans pourtant autant être taxé de clone de Coldplay.
Décidés à varier les couleurs et ambiances de Simpatico, The Charlatans livrent par la suite tour à tour, un titre naviguant entre brit-pop et country ("City of the dead"), un autre évoquant les arrangements des américains de Dredg ("Road to paradise"), un dernier morceau exclusivement instrumental et mêlant pop synthétique et tendance dub ("Sunset & wine"). Une pop synthétique entre-temps apparue sur "When the lights go out in London" et "The Architect", deux titres au demeurant très agréables, mais qui, malgré quelques touches d'originalité, ne parviennent pas complètement à renouveler le genre brit-pop, par ailleurs déjà largement balisé. C'est d'ailleurs sans doute là le défaut de Simpatico, un album qui porte plutôt bien son nom, mais qui arrive après des centaines d'autres assez similaires.
On ne pourra pas taxer le groupe de tricheur ou d'opportuniste vis-à-vis de la musique qu'il propose via son huitième album, mais force est de constater qu'à l'heure où des groupes tels que Coldplay, Muse ou The Strokes ont déjà drainé derrière eux des centaines de formations suiveuses et d'albums produits semble-t-il en batterie qui tombent régulièrement dans l'oubli deux semaines après leur sortie, Simpatico débarque à tour avec le statut d'album au potentiel de sympathie évident, mais à la durée de vie sans doute un peu courte.