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Biographie > Chapeau !

A vrai dire, on ne sait que très peu de choses au sujet de Chapi Chapo. Il semblerait qu'il s'agisse d'un groupe mené en solo, basé en Bretagne (Vive la pluie !, comme l'est indiqué sur son myspace), confectionnant un univers particulier, fait de Do It Yourself, de Creative Commons et de musique pour enfants (mais pas seulement). Avec quelques participations à des compilations (comme Polyphonal) et des collaborations (dont Kawaïï), Chapi Chapo a sorti trois albums. C'est en 2004 qu'a vu le jour Petites musiques de pluie puis, en 2005, ce fut au tour de Poufff !. Dernièrement, le fruit de la collaboration des netlabels Error! Lo-Fi Recordings et My Little Cab Records a permis la publication de Ar mizioù du, nouvel album de Chapi Chapo. Un Chapi Chapo nouvelle mouture, baptisé pour l'occasion en Chapi Chapo & Les Petites Musiques De Pluie. Les Petites Musiques De Pluie étant les invités, au nombre d'une dizaine, de l'initiateur du projet.

Chapi Chapo / Chronique LP > Robotank-Z

Chapi Chapo - Robotank-Z Robotank-Z est une oeuvre conséquente, 16 morceaux, 6 featurings (G.W Sok, Carbonic, Andrea Perdue, Boy, Jason Lytle de Grandaddy, Kelly de Martino...) et pourtant, ça se boit comme du petit lait, parce que c'est souvent très joli musicalement, plutôt easy-listening sans le péjoratif qu'on attache à ce mot et les featurings qui parsèment l'album renforce un sentiment déjà très présent de variété.

Musique faite avec des jouets oblige (c'est une phrase à la con, je l'accorde mais il fallait bien introduire ce paragraphe...), le premier titre, "Robotank-z", se situe à mi-chemin entre la B.O d'un dessin animé et un film de Tim Burton, la piste se fait côtoyer sifflements mélodieux, bruits de jeux vidéo sur un instrumental bardé de cordes, très plaisant. Une chouette entame pour un album qui se laissera écouter avec plaisir du début à la fin. Premier featuring avec la deuxième piste et G.W. Sok, inconnu de nos services, un joli brin de voix pour une piste avec des percussions aux rythmes assez entêtants. Ez3kiel n'est pas loin, c'est dire la qualité de la chose... D'ailleurs, Ezekiel, on y repense souvent, Chapi Chapo se distinguent par des instrumentations propres liées à son concept, le featuring de Carbonic les relie également à un Radiohead qui se laisserait enfin envahir par la naïveté de l'enfance. Bref, c'est pas la plus merdiques des références. De plus, le spleen de "Dancing king", la mélodie et l'atmosphère rappellent à quel point Boards Of Canada est un groupe qui a influencé et influence toujours. Mais pas de problèmes d'identité à l'appel, Chapi Chapo fait plus que s'en sortir avec les honneurs et délivre un tout très personnel. Enfin, il est impossible pour le fan de Grandaddy que je suis de ne pas commenter le morceau avec Jason Lytle, on retrouve sa voix toujours aussi touchante avec un plaisir non dissimulé. Beau disque. Bel univers. Et c'est de la musique qui ne fera pas peur à tes gamins. Oui, j'essaie de m'adapter au lectorat vieillissant (et parents de surcroît) du W-fenec !

Chapi Chapo / Chronique LP > Ar mizioù du

Chapi Chapo Et Les Petites Musiques De Pluie - Ar mizioù du Faire l'éloge (bien mérité) d'un disque (et donc d'un groupe lorsqu'il s'agit de son premier opus qui est décortiqué) attire fréquemment auprès de l'équipe d'un webzine et/ou d'un chroniqueur une quantité supplémentaire de travail. Lorsque ce n'est pas le label ou un side project d'un membre du groupe qui vous contacte, il reste la troisième solution : les amis (on prend aussi les amis des amis des amis de.....). Et l'arrivée de Chapi Chapo dans nos pages en est un exemple typique. Après la découverte de Kawaïï il y a plusieurs mois, c'est donc Chapi Chapo, pote des précédents, qui a fait son entrée dans la boîte aux lettres avant de s'accrocher à la platine et qu'une petite bafouille ne lui soit enfin accordée.

La photo ci-jointe n'est en fait qu'une des treize faisant partie de celles choisies (et faites ?) par le groupe pour orner l'enveloppe contenant le dépliant, la pochette et son disque (il y a un petit air de Anthurus D'Archer dans les parages). Les couleurs bigarrées du CD et des stickers, le bordeaux de l'enveloppe et le jaune de la pochette contrastent avec le noir et blanc du dépliant. A l'examen de ce dépliant, on commence à soupçonner Chapi Chapo de ne pas faire que de la musique et d'avoir un goût prononcé pour le pluralisme. Pluralisme des formes d'expression artistique : dessin, photo et... musique, est-ce utile de la préciser ? Mais aussi pluralisme dans les moyens employés pour créer son univers sonore. Effectivement, flûtes, glockenspiel, ukulele, guitare, harmonium, cithare, harmonica, claviers, violon, samples mais aussi roue et sonnette de vélo, papier (!), ballons de baudruche (!!), enclume (!!!) et casserole (!!!!) constituent (partiellement) l'orchestre employé par Chapi Chapo et ses convives. Car il en faut du monde pour animer cette pléthore d'instruments ! Même si le nombre d'instruments (enfin, "objet produisant des sons" serait plus approprié) utilisés sur chaque morceau est faramineux, le groupe ne se transforme jamais en fanfare mais reste, au maximum, un quatuor. Les invités, une dizaine, de Cartoon Monster à Gregaldur en passant par une certaine Alice, Jean-Marc De Brest ou Tired se succèdent au fil des pistes et viennent en renfort de Chapi Chapo en apposant leurs parties et laissant la place au suivant/e. Et la musique dans tout cela ? Justement, on y vient...

Ar mizioù du est la concrétisation d'un travail d'artisans au service d'une musique peu banale, enfantine au premier abord mais dotée d'une réelle profondeur. A l'évidence, le ton employé, tantôt léger tantôt plus grave, le choix des instruments, les voix douces, parfois celles d'enfants, ou la mise en retrait du chant n'est pas sans rappeler la performance des petits Kawaïï. La formation se permet d'évoquer, selon ses humeurs, les délires "électronisants" de Minuscule Hey ("Horse on a rock"), la féerie de Nosfell ("Le mont chauve", "House in the wood"), les éclairs scintillants de Mercury Rev ou des Flaming Lips, des tranches de vie comme l'aurait fait les Ogres De Barback ("Le docteur des mouches", "Pendant ce temps-là") et même, chose à peine croyable, les bruitages de B R Oad Way (à l'arrière-plan de "Fifty days black"). Qu'ils agissent sur des terrains électro-pop, folk, low-fi, post-rock, grandiloquents ou plus minimalistes encore (l'horloge (comtoise ?) amenant la piste cachée de "Ar miziù du"), Chapi Chapo & Les Petites Musiques De Pluie sont des inventeurs ingénieux, jusqu'au point de créer des morceaux aux allures de comptines.

De la confection de son emballage en autonomie (DIY rules) à la production d'une musique (et d'un univers) accomplie, Chapi Chapo & Les Petites Musiques De Pluie mériterait largement de trouver sa place dans les garderies et les médiathèques au rayon "enfants" afin de bousculer Henris Dès et ses clones. Et sans oublier que Ar mizioù du possède de quoi charmer aussi les plus grands, de 7 à 77 ans, obligatoirement attendris.