« S'il te plaît, compose-lui une musique ». C'est cette demande très personnelle qui est à l'origine de cet album. Une demande formulée par une amie de Cécile Seraud, qui a perdu subitement son compagnon. Cécile Seraud s'est alors replongée dans les souvenirs de ce couple d'amis, de cette famille, de leur chemin de vie, leurs histoires communes, et l'après. Le choc, la tristesse, le chagrin, le désespoir, le manque. Toute cette histoire d'une vie, de vies, retranscrites en notes, qui en font des mélodies, des refrains, pour qu'au-delà de l'épitaphe, il reste une œuvre artistique. Toujours autour d'un piano minimaliste et poétique, Cécile Seraud propose 9 titres sensibles, chargés émotionnellement, délicats. Une musique dans la continuité de ses précédents opus. Pour Psykhé, quelques voix viennent s'ajouter, toutes aussi fragiles : une voix masculine plutôt grave à laquelle répond parfois une voix féminine, fluette et claire. Deux personnes qui se croisent et se trouvent, comme dans le titre clippé "I love your smile", qui participe à faire exister ce duo amoureux. Un album néo-classique, un album superbe, un album hommage. Pour Gautier Sergent.
Eric
Juillet 2026
Publié dans le Mag #70
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Les oreilles, c'est comme les fours, des fois, il faut les nettoyer. On subit des vagues sonores de pubs, de médias, d'agressions verbales, des sirènes, des cris, des insanités, des crissements. Des sons qui nous encrassent les conduits auditifs dans un monde décidément trop bruyant. Trop gras, trop acide, trop lourd, trop fumeux, trop pléthorique. Il est alors des musiques qui nous permettent de laver tout ça, de revenir à une ambiance musicale non pas minimaliste mais plutôt mesurée, non pas réductrice, mais plutôt aérienne. Xaos, deuxième album de Cécile Seraud en est un exemple. Tout au long des 14 titres dont les noms (et la pochette) reflètent cette invitation au voyage : "Errance cosmique", "Le spleen de la comète", "On dit que tu fais danser les étoiles"... A l'instar de son précédent LP, Shoden ("ose te déployer" en Japonais) sorti en 2021, la lorientaise Cécile Seraud continue de t'embarquer dans ce Xaos ("chaos" en Grec) avec un piano comme guide et des rencontres discrètes ici et là. Une voix, un violoncelle, une guitare, ou quelques plages purement ambient aux bruitages autant organiques que cosmiques. Car ce qu'il faut retenir de ce chaos, c'est que c'est plus un commencement ou une naissance qu'une destruction, un peu comme l'instant qui a suivi le big bang. Au-delà des tensions de notre monde, le piano de Cécile Seraud développe des thèmes mélodiques, romantiques ou mélancoliques. Entre Ludovico Einaudi et Yann Tiersen, une fausse légèreté bienfaitrice, une réelle beauté salutaire.
Eric
Mars 2024
Publié dans le Mag #58
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Quand on est candidat.e au Vendée Globe Challenge, il faut aimer l'eau, étant donné qu'on embarque pour un horizon de flotte à 360 degrés pendant presque 3 mois. Seul.e, perdu.e dans cette immensité sans possibilité de poser pied à terre. De l'eau, de l'eau, que de l'eau. Le parallèle avec Shoden? Eh bien si pour le Vendée Globe, il faut aimer l'eau, pour ce premier album de Cécile Seraud il faut aimer le piano. Car c'est du piano, du piano, presque que du piano si on note la compagnie de la violoncelliste Juliette Divry sur un des 10 pistes de ce premier album. Intitulé Shoden (du japonais, "ose te déployer") et donc totalement instrumental, Shoden n'en est pas moins beau, pur et immense comme l'est l'océan. Pour reprendre la sémantique marine, le vent sera de force 1 à 4, avec une mer lisse comme un miroir jusqu'à quelques petites vagues et quelques moutons. On prendra la mer pendant trois quart d'heure avec Cécile Seraud, pour un splendide voyage en quête d'improvisations mélodiques et d'arpèges délicats. On pourrait penser à Akira Kosemura, Chopin, Einaudi ou à Tiersen. Pour de dernier, notamment sur "Pen er malo", où s'entremêlent quelques airs, qui nous rappellent que Cécile Seraud est de Lorient, et que si ses mains se baladent sur les touches du piano, son regard navigue sur la ligne d'horizon de l'océan. Sobre, fragile, pur, contemplatif, chargé d'émotions et de poésie, Shoden te déconfine l'esprit et t'aère les sens. Et ce n'est pas parce qu'au Fenec on aime plutôt quand ça inspire au pogo ou au wall of death que l'on n'est pas sensible à une petite virée au calme sur l'océan, surtout quand la régate est aussi belle.
Eric
Août 2021
Publié dans le Mag #46
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