Cécile Seraud - Shoden Quand on est candidat.e au Vendée Globe Challenge, il faut aimer l'eau, étant donné qu'on embarque pour un horizon de flotte à 360 degrés pendant presque 3 mois. Seul.e, perdu.e dans cette immensité sans possibilité de poser pied à terre. De l'eau, de l'eau, que de l'eau. Le parallèle avec Shoden? Eh bien si pour le Vendée Globe, il faut aimer l'eau, pour ce premier album de Cécile Seraud il faut aimer le piano. Car c'est du piano, du piano, presque que du piano si on note la compagnie de la violoncelliste Juliette Divry sur un des 10 pistes de ce premier album. Intitulé Shoden (du japonais, "ose te déployer") et donc totalement instrumental, Shoden n'en est pas moins beau, pur et immense comme l'est l'océan. Pour reprendre la sémantique marine, le vent sera de force 1 à 4, avec une mer lisse comme un miroir jusqu'à quelques petites vagues et quelques moutons. On prendra la mer pendant trois quart d'heure avec Cécile Seraud, pour un splendide voyage en quête d'improvisations mélodiques et d'arpèges délicats. On pourrait penser à Akira Kosemura, Chopin, ou à Yann Tiersen. Pour de dernier, notamment sur "Pen er malo", où s'entremêlent quelques airs, qui nous rappellent que Cécile Seraud est de Lorient, et que si ses mains se baladent sur les touches du piano, son regard navigue sur la ligne d'horizon de l'océan. Sobre, fragile, pur, contemplatif, chargé d'émotions et de poésie, Shoden te déconfine l'esprit et t'aère les sens. Et ce n'est pas parce qu'au Fenec on aime plutôt quand ça inspire au pogo ou au wall of death que l'on n'est pas sensible à une petite virée au calme sur l'océan, surtout quand la régate est aussi belle.