Caspian - On circles Depuis une vingtaine d'années, on se demande quand le post-rock finira par nous lasser... A chaque nouvel opus d'un des ténors du genre, on se dit que c'est peut-être celui qui marquera la fin d'une époque voire d'un genre... Fin immédiate du faux suspense, ce ne sera pas avec le On circles de Caspian qui, comme d'habitude, offre un petit bijou.

Et peut-être même leur meilleur album ? Chacun ses goûts mais quelle claque que celui-ci. Dans la veine du Mr Beast de Mogwai, les Américains ouvrent plusieurs portes, que ce soit avec des distorsions plus lourdes ("Collapser" que j'adore), un peu de chant (Kyle Durfey, époumoneur chez Pianos Become the Teeth n'apporte que sa voix douce sur "Nostalgist", "Circles on circles") ou des sonorités plus exotiques ("Ishmael") et à chaque fois, on est touché. A la lenteur de certains propos, ils sont capables d'ajouter du poids et du groove ("Wildblood") comme au contraire de laisser respirer le titre et l'aérer au maximum avant d'irrémédiablement saturer les espaces créés avec des distorsions brumeuses et hypnotiques ("Flowers of light", "Onsra"). Tous les talents requis pour réussir un grand album de post rock sont mis à contribution, Caspian ne commet aucune faute, quelque-soit l'orientation prise, ça fonctionne. A l'aise dans tous les compartiments du jeu (même s'ils sont plus portés sur la défense que sur l'offensive), les gaillards offrent un récital aux fans du genre qui selon leurs sensibilités s'extasieront à des degrés différents sur les morceaux ("Wildblood" et "Collapser" pour moi mais je crois que je l'ai déjà dit) sans pouvoir dénigrer leur plaisir sur les autres.

Rien n'entrave donc la marche en avant de Caspian, pas même le changement de batteur (Justin Forrest a remplacé Joe Vickers, un des membres fondateurs du combo) qui renforce sa place au Panthéon. Il y a des albums qu'il faut avoir dans sa discothèque pour s'autoriser à pérorer sur certains sujets, en 2020, si tu te lances dans un débat sur le post-rock et que tu n'as pas écouté On circles, tu as perdu d'avance.