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Biographie > Cipa Carlos qui joue du piano là ?

... Agé de seulement 22 ans, Carlos Cipa est un jeune pianiste allemand résidant à Munich où il étudie poursuit actuellement des études de composition. Batteur de formation et après s'être essayé au jazz, au hardcore-punk, à l'indie-rock et à la musique orchestrale, il se dit influencé par les compositeurs classiques Erik Satie et Claude Debussy pour enregistrer ses premiers travaux au piano. Après quelques concerts en première partie de groupes comme A Winged Victory For The Sullen, This Will Destroy You ou Library Tapes, Carlos Cipa compile ses créations pour piano sur un album intitulé The monarch and the viceroy qui sort à l'été 2012 chez Denovali Records (Her Name is Calla, The Pirate Ship Quintet...).

Carlos Cipa / Chronique LP > Relive

Carlos Cipa & Sophia Jani Quelques mois après avoir livré, en solitaire, un premier album en forme de véritable bijou du genre, le jeune pianiste prodige Carlos Cipa s'est cette fois acoquiné avec une certaine Sophia Jani, elle aussi compositrice et virtuose du clavier, pour donner naissance à un opus composé et interprété à quatre mains : Relive. Un disque signé en duo, écrit dans le cocon créatif du Denovali Swingfest en 2013, logiquement sorti par le biais du toujours aussi incontournable Denovali Records (Greg Haines, Federico Albanese, Sebastian Plano), décrit et "vendu" comme un album alors qu'il s'agit en réalité (tout du moins du point de vue de sa durée) d'un EP. Mais peu importe au fond que l'on s'attarde sur le format, tout l'intérêt de cet effort est déjà ailleurs.

Deux pièces pour une large vingtaine de minutes de musique "seulement" osera-t-on objecter... Et pourtant, le résultat scintille dans la sphère néo-classique actuelle. Entre son intro minimaliste mais gracile, ses développements instrumentaux qui prennent tout leur temps pour prendre justement tout leur sens, "Anouk's dream" invite l'auditeur à s'abandonner dans un périple sonore à travers le royaume des songes. Quelques arpèges parcourant l'échine, un clavier qui vient des profondeurs de l'octave la plus basse auxquelles répondent une poignée d'éclairs effleurant les aigus pour jouer de l'étendue de leurs contrastes, Sophia et Carlos utilisent leur instrument à merveille. Sans jamais en limiter les potentialités infinies, ils en perçoivent ici toutes les finesses, évitant également les écueils de la facilité clichée, ce pour livrer une partition qui renvoie invariablement aux travaux d'un Max Richter ou d'un Ludovico Einaudi.

Quelques effets harmoniques (l'utilisation discrètement omniprésente des cordes), donnent un relief tout particulier à cette œuvre collaborative, imprimant une dynamique accrue, tant du point de vue de sa rythmique que de ses bricolages sonores. Pour autant, le duo n'oublie jamais l'essentiel de ce qui fait l'intérêt de Relive, ses qualités de composition hors-normes en matière de mélodies. Au travers de cet amour immodéré qu'ils éprouvent l'un et l'autre pour leur art, les deux compositeurs ici associés parviennent à le transcender sur la deuxième piste que contient l'album "Whatever a sun will always sing". Soit un morceau qui s'embarque avec une élégance rare dans une véritable quête d'absolu mélodique que le duo atteint du reste à plusieurs reprises au cours de son cheminement créatif. Lequel témoigne de ce qu'est au final cet "album" : plus qu'une simple association de talents, de sensibilités artistiques proches ou de personnalités musicales communes, Relive est au-delà et fusionne les sens aiguisés de ses auteurs dans une incandescente harmonie artistique parsemée de très beaux moments de poésie pianistique soyeuse et veloutée. Très classe...

Carlos Cipa / Chronique LP > The monarch and the viceroy

Carlos Cipa - The monarch and the viceroy Des mélodies qui viennent doucement se lover sur des harmonies finement ciselées, des accords plaqués pour rythmer l'ensemble et une pluie de notes venant courir sur le clavier, Carlos Cipa n'a que son piano pour faire succomber son auditoire invisible et pourtant, tout au long des quelques douze titres que compte son premier album, il parvient à faire naître ce petit sentiment de quiétude feutrée, de douce euphorie qui habite The monarch and the viceroy avec une simplicité confondante. Ce, même si dans le fond, la formule est assez simple : des vagues d'arpèges cristallins, montées et descentes chromatiques classieuses et quelques accélérations emportées par une frénésie romantique ("The dream"), le jeune allemand ne fait pas montre d'une virtuosité ébouriffante et préfère écrire des morceaux à la beauté confondante ("In place of anger", "Lie with me").
"Perfect circles", "The whole truth", l'éponyme "The monarch and the viceroy", Carlos Cipa distille son sens déjà éprouvé de l'esquisse mélodique, de l'élégance néo-classique portée par les influences omniprésentes de Claude Debussy et Erik Satie (un peu de Gabriel Fauré aussi par moments), la touche de modernité en plus et une volonté d'aller vers quelque chose d'à la fois accessible et simplement "beau" ("Nocturne"). Sans jamais complexifier à outrance pour en mettre plein la vue, alors qu'il semble avoir la bagage technique technique pour ("Human stain", "Morning love"), l'allemand démontre qu'il a toute la légitimité pour faire complètement ce qu'il veut, au sein d'un milieu musical généralement très codifié, impossible à reformer sous prétexte d'être quasi exclu du système. Pourtant, sans la moindre fausse note, en ayant soigneusement parfait ses gammes au préalable ("Cold night", "Lost and delirious", "Wide and moving"), il fait de The monarch and the viceroy un disque instrumental et néo-classique d'une classe folle...