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Biographie > (Hippo) Calamus


Heidelberg, tu connais ? Non ? Tant mieux, moi non plus enfin presque... Donc pour la petite histoire, Heidelberg est une ville allemande peuplée par quelques 144 000 âmes et essentiellement connue pour son château, site touristique renommé pour nombre de passionnés d'histoire. Et ça, c'était pour le cours d'histoire-géo (n'est pas Oli qui veut...). Sinon, Heidelberg, c'est également la ville natale de Calamus, un groupe formé aux alentours de 1995 et sévèrement traumatisé par les déferlantes Kyuss et Black Sabbath. Dès lors, il était quasiment écrit que Calamus donnerait dans le heavy stoner rock qui déboîte aussi facilement les rotules qu'il décapsule les canettes de bière. Et depuis 1995 donc, le groupe écume son Allemagne natale pour en devenir le fer de lance de la scène stoner heavy rock et multiplie les sorties d'albums (Highdrive, These days), jusqu'à traverser la frontière et venir tâter du goulôt de whysky par chez nous avec son dernier effort en date : The same old demons (apporté par Bad Reputation).

Calamus / Chronique LP > The same old demons


calamus_the_same_old_demons.jpg En voilà un qui a trouvé le bon filon. Entre Kyuss et les Black Sabbath, les deux initiateurs du mouvement stoner rock, Calamus creuse son trou à coup de riffs qui tronçonnent ("Ride the night") et de section rythmique qui pilonne ("Once more"). Instrumentalement, rien de très nouveau à l'horizon, les responsables du choc Blues for the red sun ayant, quinze ans avant, bien élagué le terrain. Et pourtant, ici, le résultat est d'une redoutable efficacité. Alternant les passages catchy qui défouraillent avec les plages un peu plus calmes, le combo allemand ne renouvelle pas forcément le genre mais livre une petite dizaine de compos toutes bétonnées dès les premières notes et domptées par un chant irréprochable (l'excellente ballade heavy mélodique "Make you cry").
Guitares acérées, atmosphère de road-movie caniculaire au beau milieu du desert californien (façon Easy rider), rythmiques carrées gorgées de quelques solos de gratte flamboyant ("Who's gonna lie to me"), le groupe accélère la cadence et l'on sent qu'il monte sérieusement en puissance. La confirmation arrive rapidement, lancé à pleine vitesse, "Speed Queen" nous arrive dans les tympans à la vitesse d'une balle de 9mm. Groove sidéral, basse démoniaque, Calamus nous jette alors en patûre le climax de son album, un titre au ruptures de rythmiques incessantes, aux riffs rageurs qui rentrent dans le lard et au chant tantôt mélodique, tantôt gueulard, tout ça pour 4,38'' d'une véritable démonstration de force stoner rock. Et les allemands d'enchaîner directement après ça avec un "All fear"...
Une ballade rock abrasive au tempo relativement ralenti et au chant en retrait, le groupe laissant parler les guitares, sans jamais perdre une once de ce qui faisait jusqu'alors son efficacité. S'affranchissant peu à peu des ombres encombrantes de ses modèles que sont les Sabbath ou l'ex-bande de John Garcia et Josh Homme (un peu comme tous les groupes évoluant dans la mouvance stoner en général...), on a alors droit à un "Six feet down" quasi instrumental, à la fois puissant, bourdonnant et aux guitares omniprésentes. Mais comme les membres de Calamus assument pleinement l'héritage de leurs aînés, on ne leur en voudra pas une seconde de nous servir par là même occasion, un morceau typiquement "Kyuss-ien" (copyright [Aurelio] sur l'adjectif qualificatif...sic). Sans aucun doute, l'autre sommet de ce The same old demons, que le groupe referme définitivement avec un "Sunshine" qui démarre lentement quasiment comme une folk-song épurée pour s'emballer progressivement et finir à la manière d'un pur titre de hard rock hormoné et, bien que très classique, toujours sympathique.
Et comme avec ces allemands, quand il n'y en a plus, il y en a encore, le combo met un terme aux hostilités sur un "Devil sun", aussi bref que ravageur, aussi speedé que furieusement rock'n roll. Un final sommes toutes, attendu, pour un album qui parvient à jongler avec ses classiques pour mieux s'en affranchir, pour un disque très bien produit qui a défaut de renouveller le genre, l'exploite jusqu'à la lie pour en tirer ce qui fait son essence. Et à ce petit jeu-là, aucun doute possible, Calamus sait y faire.

[de] Ride the night: .mp3 (11 hits) External ]