cabron_st.jpg Alors comme ça tu veux du gros rock velu, tâché d'huile de coude et abreuvé de bière ? Tu te la joues gros-bras pour emballer dans les pubs, tu aimes les riffs 70's qui font mâles, les rythmiques dopées aux hormones de croissance sur lesquelles viennent se plaquer quelques guitares sulfureuses, tu es à la bonne adresse, le W-Fenec a ce qu'il te faut : Cabron, premier album de ... Cabron. Et oui, pourquoi faire compliquer quand on peut faire aussi simple ? Deux écoutes, c'est ce qu'il faudra à l'auditeur lambda pour être accroc à Cabron et commencer à secouer la tête comme un possédé au rythme de riffs ensablés et d'une basse littéralement en fusion. Et en même temps, au départ, on reste circonspect. La faute à un premier titre "Your lessons learned" très punk rock radiophonique et finalement trop facile pour convaincre les amateurs de rock pur et dur (mais suffisamment simple pour les programmateurs de radio, sic...). Passage éclair à la piste n°2 éponyme et une intro à la Queens of the Stone Age. Là tout de suite on passe aux choses sérieuses. Fini de déconner, les Cabron a décidé d'envoyer de la guitare, grasse et puissante, domptée par un chant dans la plus pure tradition du stoner US. Les Belges ne semblent pas trop se la jouer et sans trop se casser le bol qu'ils nous enquillent à la suite un "My obscurity" ultra-mélodique jouant la carte mais relativement innoffensif ; et surtout "Empty room". Là, Cabron envoie du grain. Un feeling étourdissant, un groove caniculaire étouffant, quelques riffs acérés d'une précision milimétrée et un résultat au petit oignons. Un tube absolu, rien de plus, rien de moins. Encore une fois, l'ombre de Josh Homme et son gang planent sur l'oeuvre de Cabron mais l'ensemble se laisse quand même écouter avec un plaisir incroyable. Surtout qu'avec une section rythmique au poil (de cul...), les Belges volants nous font le coup de l'hommage poli et assumé aux The Knack en livrant un morceau ("Burden") en forme de petit frère du tube planétaire qu'a été à son époque "My Sharona". Parce qu'il faut aussi dénicher LE tube "FMisé" taillé pour les masses, on citera "Backlash" et on se penchera surtout sur des titres tels que "Couldn't quit smoking" ou le brûlant "Effective beast". Guitares sulfureuses, basse épileptiques, rythmiques branchées sur 100 000 volts, on prend plein les tympans et le pire, c'est qu'on en redemande. Alors, comme les Cabron sont pluôt sympas, ils nous jouent la carte du "il y en a un peu plus, je vous le mets quand même?" avec pas moins de 11 minutes de rab avec l'énorme "Parascending". Plus de dix minutes où après l'avalanche de riffs des titres précédents, on a droit à une véritable pièce d'orfévrerie stoner, caniculaire et hypnotique à souhait. Le clap de fin idéal pour le premier album d'un groupe encore imparfait mais décidément plein de promesses. A suivre absolument.