Ça - MTPÇAMSDAGJQJSLV Un emballage digisleeve cartonné en deux volets dans lequel quelques éléments visuels viennent prendre place de manière aléatoire à l'intérieur, dont un "La police du bon goût" (coucou Gui de Champi !), leur collectif Vox Project qui compte notamment dans ses rangs les formations Milkilo, The Canyon Observer, Plevre, Parween et Seine, le logo de leur label défricheur de groupes incongrus Atypeek Music, et une couverture comprenant des "Ça" encadrés à ses quatre coins : voilà un peu comment les Stéphanois de Ça présentent leur dernier disque. Pas même un titre. Ah si, attendez... je recherche sur Internet... c'est bon ! : Mon tout petit ça à moi s'est dévoilé au grand jour quand j'ai su le voir sans lunettes ou plus simple (?!?) : MTPÇAMSDAGJQJSLV. Ah ah, on dirait du Pryapisme, je me disais bien que tout n'était pas épuré dans ce truc mystérieux ! Les (mal)chanceux qui connaissaient le trio, que ce soit sur scène ou sur album (voir par ailleurs notre chronique de 24615), n'y verront là aucune surprise, leur musique est aussi un énorme foutoir math-rock free-jazz. Un contraste saisissant, on n'est plus à une surprise près.

Ben oui, on ne change pas une formule qui gagne, Ça c'est toujours ce joyeux bordel sonore, on est véritablement chez mémé, comme des gamins qui ont une technique instrumentale confirmée et qui font mumuse avec les extrêmes. Prenons comme bon exemple cette chanson de 10 minutes intitulée "S'est dévoilé", le trio mène le bal à coup de répétitions vocales de mots (soit le titre de la chanson), de petits jeux de ralentissements pour mieux accélérer par la suite avec des belles saccades en sus, pour finir avec une petite ballade jazzy qui frôle le silence et qui se termine par une ambiance totalement neurasthénique. On n'est pas loin de penser que n'importe quel bout de titre pourrait s'imbriquer facilement dans l'un ou dans l'autre tant les parties s'effacent pour laisser d'autres s'exprimer. Voilà de la belle musique pour patients d'hôpitaux psychiatriques, et le pire c'est que c'est comme ça tout le long, soit 53 minutes... Un gros délire anxiogène qui, selon moi, se délecte bien mieux en live que sur album, vous savez donc ce qu'il vous reste à faire si Ça passe près de chez vous !