rock Rock > The Butterfly Effect

Biographie > Le battement rock du papillon

Natif de Brisbane (Australie pour les nuls en géographie), The Butterfly Effect sévit depuis 1999 un peu dans l'ombre de Silverchair, car s'ils connaissent un vrai succès public en Océanie, le groupe est relativement méconnu en Europe. Pratiquant une musique à la croisée des chemins entre hard rock progressif et metal alternatif, The Butterfly Effect sort un premier EP éponyme en 2001. Le succès aidant (les morceaux tournent pas mal sur les radios régionales), le quartet composé de Clint Boge (chant) ; Ben Hall (batterie) ; Glenn Esmond (basse) et Kurt Goedhart (guitar) passe à l'étape suivante : celle du "full lenth" album. Intitulé Begins here et précédé par quelques singles connaît un succès d'estime et permet au groupe de signer avec Roadshaw Music. L'étape suivante sera de conquérir le monde... ou presque. Pour ce faire, The Butterfly Effect appuie sur l'accélérateur et sort en 2006 : Imago, un disque qui cartonne dans son Australie natale et qui se voit gratifié plus d'un an plus tard d'une distribution européenne et notamment hexagonale via La Baleine au moment où Begins here sort pour la première fois sur le territoire nord-américain.

The Butterfly Effect / Chronique LP > Final conversation of kings

The Butterfly Effect - Final conversation of things Imago avait offert la possibilité, aux Australiens de The Butterfly Effect, de venir imposer leur cocktail émo-rock metal alternatif sur le Vieux Continent, Final conversation of kings leur permet d'y rester et de faire évoluer leur musique vers un rock progressif aux mélodies expressives et volubiles. Entre la puissance évocatrice d'un Dredg, le souffle harmonique et les progressions "guitaristiques" d'un Porcupine Tree, le groupe parvient à trouver le point de convergence idéal des deux références précités tout en conservant son identité musicale ("Worlds on fire"). Entre émo-rock envoûté et prog efficace, The Butterfly Effect ne commet aucun impair. Jamais boursouflé, encore moins trop long ou démonstratif, le groupe a pris le parti d'offrir des morceaux racés, mais relativement concis ("Room with a view", "Final conversation"), en veillant à conserver un équilibre entre les différents éléments qui composent sa musique. Un vocaliste au talent évident, des structures inspirées sans être trop tortueuses, un sens aigu de la mélodie qui s'accroche au cortex cérébral et se fond dans la mémoire pour ne plus faire qu'une avec elle, l'évidence s'impose d'elle-même : les Australiens alignent les tubes avec une aisance déconcertante.
Certes, on pourra sans doute reprocher à certains titres d'être un poil trop radiophoniques par moments ("The way", "In the hands"), mais le quartet veille à ne jamais sombrer dans les tentations de l'excès mainstream ou à l'inverse expérimental. Les gaziers ne sont pas là pour en faire des caisses, ils vont simplement au bout de leur ambition initiale... mais ils le font particulièrement bien. Quelques riffs bien nerveux, un groove métallique discret mais (omni)présent en filigrane ("Window of the watcher", "7 days"), pulsations mélodiques, breaks incisifs, chorus enlevés, The Butterfly Effect donne ici l'étrange impression que, quoiqu'il tente, il réussira invariablement son coup. Imparable dans son genre... D'ailleurs Final conversation of kings a beau compter dix plages musicales pour quelques quarante trois minutes de musiques, on aurait certainement pas été contre une petite poignée de titres en plus. Preuve qu'en plus d'être talentueux, ces Australiens maîtrisent parfaitement leur sujet et savent exactement ce qu'il faut faire pour tomber juste ("Rain", "Sum of 1"). En même temps, à ce niveau-là, c'est presque trop facile pour eux. Et comme en plus, l'artwork est particulièrement classe...

The Butterfly Effect / Chronique LP > Imago

the_butterfly_effect_imago.jpg La théorie est connue et a même inspiré un film : l'infime variation sur l'atmosphère que produit le battement d'aile d'un papillon serait susceptible d'avoir une incidence considérable sur un phénomène météorologique à l'autre bout de la planète, ce que l'on appele donc communément "l'effet papillon". Le rapport avec Imago, deuxième opus de The Butterfly Effect n'est pas évident à cerner. Cela dit, musicalement, une fois passé un interlude éponyme tout en crescendo et atmosphères envoûtantes, les australiens font parler guitares incisives et mélodies émo-rock radiophoniques mais efficaces ("Aisles of white", l'excellent single "Gone"). Agréable, pas forcément ultra-novateur mais The Butterfly Effect s'en sort avec une aisance assez étonnante et se garde bien de mettre tous ses as dans la même manche. En témoigne, le puissant et rageur "A slow descent" qui évoque le "Slow healer" de Seethings, les petits frenchies d'Holophonics, les samples éléctro en moins, voire quelques-uns des meilleurs titres de feu Shovel.
Le quartet venu de l'hémisphère sud bétonne ses compos d'instrumentations solides et de quelques lignes de guitares sous tension permanente. The Butterfly Effect en a sous les pédale et se montre moins consensuel, moins mainstream que prévu abattant l'une après l'autre toutes les cartes de son jeu. Un "Reach" aux rythmiques puissantes et au riffing metal alternatif, dopé par une mélodie instantanément fédératrice ; et les australiens mettent leurs derniers détracteurs dans la poche. Le format (guitare/ basse/ batterie/ chant) est on ne peut plus conventionnel, mais le groupe évite de céder au tout formaté pour plaire aux majors et insuffle assez de personnalité pour que l'on ne s'ennuie jamais ("Before they knew"). Parfois metal, d'autres fois émo-rock, presque pop par instants, The Butterfly Effect renvoie autant à Dredg, Day One Symphony et Engine Down pour les mélodies à fleur de peau qu'à My Vitriol et des groupes comme Pitchblend ou Left Side Brian pour les fulgurances rock catchy ("In a memory", "This year"), le tout avec une légère influence toolienne ci et là ("Signs"). Un"Everybody runs" dans la veine de ses prédecesseurs plus tard et The Butterfly Effect peut refermer Imago sur un "The end" qui, tout en étant suffisamment calibré pour mettre les charts à ses pieds, n'en demeure pas moins assez inspiré pour ne pas égarer l'inconditionnel du genre en route. Efficace.