The Butterfly Effect - Final conversation of things Imago avait offert la possibilité, aux Australiens de The Butterfly Effect, de venir imposer leur cocktail émo-rock metal alternatif sur le Vieux Continent, Final conversation of kings leur permet d'y rester et de faire évoluer leur musique vers un rock progressif aux mélodies expressives et volubiles. Entre la puissance évocatrice d'un Dredg, le souffle harmonique et les progressions "guitaristiques" d'un Porcupine Tree, le groupe parvient à trouver le point de convergence idéal des deux références précités tout en conservant son identité musicale ("Worlds on fire"). Entre émo-rock envoûté et prog efficace, The Butterfly Effect ne commet aucun impair. Jamais boursouflé, encore moins trop long ou démonstratif, le groupe a pris le parti d'offrir des morceaux racés, mais relativement concis ("Room with a view", "Final conversation"), en veillant à conserver un équilibre entre les différents éléments qui composent sa musique. Un vocaliste au talent évident, des structures inspirées sans être trop tortueuses, un sens aigu de la mélodie qui s'accroche au cortex cérébral et se fond dans la mémoire pour ne plus faire qu'une avec elle, l'évidence s'impose d'elle-même : les Australiens alignent les tubes avec une aisance déconcertante.
Certes, on pourra sans doute reprocher à certains titres d'être un poil trop radiophoniques par moments ("The way", "In the hands"), mais le quartet veille à ne jamais sombrer dans les tentations de l'excès mainstream ou à l'inverse expérimental. Les gaziers ne sont pas là pour en faire des caisses, ils vont simplement au bout de leur ambition initiale... mais ils le font particulièrement bien. Quelques riffs bien nerveux, un groove métallique discret mais (omni)présent en filigrane ("Window of the watcher", "7 days"), pulsations mélodiques, breaks incisifs, chorus enlevés, The Butterfly Effect donne ici l'étrange impression que, quoiqu'il tente, il réussira invariablement son coup. Imparable dans son genre... D'ailleurs Final conversation of kings a beau compter dix plages musicales pour quelques quarante trois minutes de musiques, on aurait certainement pas été contre une petite poignée de titres en plus. Preuve qu'en plus d'être talentueux, ces Australiens maîtrisent parfaitement leur sujet et savent exactement ce qu'il faut faire pour tomber juste ("Rain", "Sum of 1"). En même temps, à ce niveau-là, c'est presque trop facile pour eux. Et comme en plus, l'artwork est particulièrement classe...