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Biographie > C'est pas en Roumanie ?

Budapest n'est pas un groupe hongrois mais français, de Toulouse plus précisément. Formé en 2010 et composé par des membres du collectif N.Ö.H Prod, à savoir Hervé Bezamat (guitare, basse), Gaelle Minali-Bella et Olivier Bouton (chant, percussions), Irwin Gomez (claviers) et Nicolas Billi (batterie), le groupe débute sa discographie par un EP sorti fin 2011 nommé Grenade. Il revendique ses influences venues, entres autres, du trip-hop de Bristol (Massive Attack, Portishead) et de la nouvelle scène rock New-Yorkaise (TV On The Radio, Grizzly Bear). En ce début d'année, la formation présente fièrement son premier album, Alcaline, neuf titres captivant estampillés électro pop-rock au sein desquels le chant se partage à deux, l'un féminin, l'autre masculin. L'accord parfait.

Budapest / Chronique LP > Alcaline

Budapest - Alcaline Recommandé puis gentiment offert par Cédric d'Undergang (lui-même auteur de la pochette) lors d'une interview, le premier LP de Budapest est ce qu'on appelle simplement et honnêtement un album réussi. Je le précise d'autant plus que trop de formations françaises se brûlent les ailes en voulant faire les choses trop vite, ne travaillant ni leurs instruments, ni leurs identités sonores et devenant malheureusement de pales copies d'illustres artistes. Les Toulousains ont fait exactement le contraire, ils ont compris qu'on pouvait assimiler ses influences, nombreuses qui plus est, pour se forger une patte artistique et rendre une œuvre équilibrée, dense et agréablement séduisante : chaque note de guitare, qu'elle soit saturée ou limpide, est écrite sur papier et adéquatement posée ; chaque frappe rythmique, qu'elle soit électronique ou acoustique, est étudiée pour servir les morceaux de manière optimale ; aucune voix ne fait défaut tant le chant harmonieux et sensuel est maîtrisé de bout en bout. Bref, du pain béni pour tout chroniqueur.

Comme souligné avant, Alcaline est un album dont la préoccupation principale de ses géniteurs fut l'équilibre : celui des genres, des tempi, des sons, des nuances, des contrastes. Pour preuve, l'introductive "The roaming souls" débute sur une ambiance rock bluesy farouche qu'on ne retrouvera nulle autre part sur le disque. "Fall by the way side", somptueuse ballade pop qui, là aussi, n'est aucunement représentative de l'ensemble du disque, même si les compositions voluptueuses sont nombreuses à l'image de "Distance" dont le début fait très Radiohead et qui démontre toute la finesse du jeu de Nicolas à la batterie. La langueur assumée de "Blind", marquée de commotion à chaque coup de caisse-claire, nous hypnotise, les effets du trip-hop dans toute sa splendeur. Idem sur "Invincible" qui troque cette fois-ci l'électronique contre le rock. En résumé, écouter Alcaline revient à recevoir un excellent condensé d'influences vu sous l'angle d'un groupe qui les a mijotées façon grand-mère dans un plat bien présenté et succulent.