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Biographie > Honky tonk hip-hop man

Richard Terfry a.k.a Buck 65 est un artiste, compositeur, DJ, producteur canadien multi-casquettes originaire de Mount Uniacke près de Halifax. Selon les rumeurs le pseudo "Buck 65" viendrait du prix du billet de bus (1,65 "buck", dollar en français) que Terfry prenait lorsqu'il était ado, ou tout simplement de la voiture de son oncle, une Buick 1965. Toujours est-il que selon ses humeurs et les périodes, l'artiste change d'identité comme de chemises, puisqu'il se produit régulièrement sous les pseudo de Johnny Rockwell, DJ Critical, Jesus Murphy, Stinkin' Rich, Haslam, ou bien Uncle Climax. D'un point de vue strictement musical, l'homme est du genre prolifique publiant une flopée d'albums depuis ses débuts discographiques en 1996. Mélomane avant tout, il mêle hip-hop, blues, folk et rock dans ses compos, s'inspirant autant de Tom Waits que de RATM, Beastie Boys ou Wu Tang Clan, Johnny Cash et Leonard Cohen...

Buck 65 / Chronique LP > Talkin' honky blues

Buck 65 - Talkin' honky blues Talkin' honky blues est le neuvième album de Buck 65, artiste extrêmement productif au sein de la scène hip hop underground. Son style que l'on rapprochait du abstract hip hop opère ici un gros changement de registre. On reste en terrain plus ou moins connu grâce à des morceaux comme celui de l'introduction "Leftfielder" (avec un fort contrastes entre sons graves et aigus), "Sore", "Exes" (rempli de sons étranges, sans réelle mélodie), ou encore "Killed by a horse". Ce genre de morceau constituent plus ou moins un tiers de l'album. Le deuxième tiers de l'album est constitué de "riverbed", qui sont des mélanges entre des morceaux standards et des introductions à d'autres morceaux, en général très instrumentaux, et constitués de sons de gouttes de pluies, d'instruments à cordes et de rythmiques mécaniques en tous genres. Des titres qui échappent donc généralement aux structures "classiques". Pas de refrains et couplets, mais des morceaux soit linéaires soit en léger crescendo ou decrescendo... Plutôt lents, ils ne sont jamais pourvus de son de batterie.
Ces "riverbed" ci ne prennent leur sens qu'à l'échelle de l'album et s'assemblent parfaitement dans son dernier tiers qui est constitué des perles et des hits en puissance. Pour les perles il y a d'abord "Roses and bluejay", magnifique mélange d'instruments a cordes, de pédale steel guitare, et de sons électro, pour un résultat frissonnant de mélancolie, sur lequel la nouvelle voix rocailleuse de Buck prend tout son sens. Ce mélange de country, de folk et de hip hop est vraiment surprenant, mais immédiatement addictif, comme coulant de source. Il y a aussi "50 gallon drum", constitué de deux plans différents qui s'enchâssent parfaitement. Une douce mélodie au piano qui devient inquiétant après une grosse toux de sieur Teffry. Classique au début, le morceau surprend par sa deuxième partie.
Enfin il y a "Craftmanship"; introduction vaporeuse, notes de guitares flottantes qui introduisent un gros beat très bien foutu à des mélodies qui font mouchent. Pour les hits, Buck 65 nous offre le très sautillant "Wicked and weird", "463" avec son intro au clavecin, et ses grosses guitares à la fin, "Protest" et ses voix de schtroumpfs, et "Tired out", très beau morceau à la guitare acoustique avec une batterie douce et véloce à la fois. Vous l'aurez donc compris, il s'agit d'un album très ambitieux, assez monolithique (tous les morceaux sont véritablement agglomérés les uns dans les autres), et qui sonne comme une transition pour Richard Teffry aka Buck 65. Par ses mélanges homogènes de country, d'americana (est- ce la même chose?), de folk, mais aussi du hip-hop le plus underground, et parfois très expérimental, Talkin' honky blues est d'une très grande richesse et pourrait plaire à une audience bien plus large que celle consituée des seuls amateurs de hip-hop.