Brume - Tunnel Certains diront qu'on aperçoit la lumière au bout du Tunnel mais à l'écoute de ce premier EP, on est encore loin de se réchauffer au soleil, on reste au cœur de ce sombre passage proposé par Gaëtan, une ambiance lourde et assez peu réjouissante qui correspond totalement à son humeur lors de l'écriture de ces compositions en 2020. Guitariste chez First Came The Shadow, le Niçois a traversé des moments particulièrement difficiles et un isolement oppressant, transférer ses sentiments dans sa musique l'a certainement aidé à sortir de ce couloir obscur et à voir se dissiper la Brume qui s'était abattue tout autour de lui. Totalement maître de son œuvre (il compose, enregistre, mixe et masterise tout seul), il n'a pas de compromis à faire, pas de limite à respecter, il peut donc laisser libre cours à ses pulsions et pousser au maximum la tension (la deuxième partie de "Labyrinthe") ou terminer par une piste ambiant loin des structures post rock du reste ("Halo"). Si la tonalité d'ensemble des 5 titres est plutôt dans le grave, c'est avec légèreté que l'histoire commence, le "Tunnel" éponyme est posé, les notes sont assez claires et lumineuses, en tout cas, bien plus que la suite qui nous plonge rapidement dans un souterrain de riffs lourds et distordus presque Post Hard Core (dans la lignée des débuts d'Omega Massif). Ce "Labyrinthe" est entrecoupé par "Mirage", une illusion sonore qui laisse croire à un mieux mais où la basse, cardiaque, nous laisse près du sol. Comme les titres sont assez courts, l'EP connaît de nombreux virages et au final, n'est peut-être pas aussi sombre que mon premier ressenti, mais voilà les deux pistes qui équilibrent le tout sont tellement fortes que je suis davantage marqué par ce parcours dans ce dédale plus que par l'entrée, la sortie ou l'entracte. Et alors ? Ici, ce ne sont pas tant les extrémités dont il est question mais bien d'un Tunnel dont on n'est pas certain de sortir. Il a dû falloir beaucoup de force à Gaëtan pour partager ses douleurs avec nous, merci.