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Biographie > BB Brunes ?

BB Brunes ?, vous vous dites qu'il y a un "truc" derrière ce titre de bio. C'est normal, il faut aller chercher du côté de la traduction littérales du pseudo des Broken Bells et la transposer au 36e degré avec le groupe de fossoyeurs post-pubères de la scène rock hexagonale. Sinon à part ça, Broken Bells a un casting qui a autrement plus de gueule que les BB Brunes, quand bien même il n'est pas sponsorisé par Rock'n'Folk ou le Figaro... Jugez plutôt : James Mercer aka le guitariste/chanteur/leader de The Shins vs Brian Burton aka DangerMouse aka le producteur/collaborateur fidèle de Gorillaz, Gnarls Barkley ou Sparklehorse.
A l'origine, le duo évoque pour la première fois une collaboration commune en 2004 après s'être croisé lors d'un festival au Danemark. Les années passent, les projets de chacun aussi et les deux se retrouvent à travailler ensemble quatre ans plus tard. Une première fois à l'occasion du projet Dark night of the soul dont DangerMouse est l'une des têtes pensantes (avec Sparklehorse et le cinéaste David Lynch) puis sur un album complet, écrit à 4 mains. En septembre 2009, Broken Bells est officiellement annoncé alors même que le disque est prêt, stratégie marketing oblige. Celui-ci sort dans les bacs début 2010 via Sony/Columbia.

Broken Bells / Chronique LP > Broken bells

Broken Bells DangerMouse, James Mercer / James Mercer, DangerMouse, sous entendu, une moitié de Gnarls Barkley + un peu de Gorillaz + un tiers de Dark night of the soul et pas mal de The Shins. Dans le tube à essais, ça a carrément de la gueule. Mais sur la platine... Pourtant au départ rien à redire, avec une tel aura, un potentiel aussi évident, Broken Bells était fatalement attendu au tournant. Et comme (trop) souvent dans ce cas là, la presse dite "spécialisée" a perdu toute objectivité (on avait déjà connu ça avec le premier Scarlett Johansson ou les derniers Muse) en tombant en pâmoison devant le chef-d'oeuvre annoncé...
Et de chef-d'oeuvre, n'en déplaise à la critique "branchée" (mais payante...), il n'y aura pas avec ce Broken bells éponyme pourtant garni de quelques pépites indie plutôt très classe. Vus les backgrounds respectifs des deux maîtres d'oeuvre, c'était là bien le moins que l'on puisse espérer. Mais, ça ne suffira pas. Quand bien même cet album baigne dans une élégante atmosphère old-school synthétique, qu'il distille une poignée de compositions indie-pop serties de quelques petites trouvailles électro vintage du plus bel effet, on est quand même loin de pouvoir crier au génie. "Vaporize", "Sailing to nowhere", le funky mais très innocent "The ghost inside" et le bien mal nommé "Your head is on fire" défilent et il est bien difficile de s'emballer, quand bien même les morceaux du duo ne manquent pas d'un certain charme. Un psychédélisme tourné vers le passé contrebalancé par un son très moderne, des arrangements aériens et décomplexés, un songwriting facile... trop...
Car le problème de Broken Bells, c'est que l'on s'attendait forcément à une collaboration grand luxe, un disque difficilement dispensable puisque sublimant les talents respectifs de ses géniteurs, lesquels, libérés de la pression inhérente aux intervenants extérieurs, auraient pu s'affirmer comme les maîtres absolus de leur sujet. Et ce fut quasiment le cas lors du passage en studio, mais on reste quand même sur sa faim. "Citizen" ou "October", ne suscitent au mieux qu'un ennui poli, "Mongrel heart" titille le palpitant mais sans véritablement concrétiser quand "The mall & misery" tente de conclure en soignant ses arrangements et orchestrations. Sans succès. Alors certes, il y a le très beau "Trap doors", friandise mélodique classieuse mais raffinée et l'évident single "The high road", pure pépite pop cosmique que l'on se repasse en boucle sans jamais pouvoir en décrocher. Mais honnêtement, c'est un peu léger eu égard aux attentes suscitées par un tel projet... se révélant finalement mineur.

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