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Biographie > Mystère à Saint-Nazaire

Boy & the Echo Choir, entité collective à géométrie assez variable - ceux qui collaborent aux disques ne sont pas forcément ceux qui interprètent les morceaux en live - s'articule à la base autour de Boy qui est donc comme son pseudo l'indique assez finement... une fille, Caroline G. également moitié de Tazio & Boy (logique). Deux disques solos plus tard, sortis entre 2004 et 2006 (Boy's book et Norfolk motel) de manière limitée (aujourd'hui épuisés), la demoiselle s'entoure d'une pléiade de collaborateur (dont un membre du groupe Soy un caballo) et met en boîte l'album And night arrives in one gigantic step qui sort en 2010 sur les labels Humpty Dumpty Records et Le Son du Maquis.

Review Concert : Boy & the Echo Choir, Elysian Fields @ Espace Doun (oct. 2010)

Boy & the Echo Choir / Chronique LP > And night arrives in one gigantic step

Boy & the Echo Choir Boy & the Echo Choir, c'est l'histoire, assez classique, d'un groupe découvert au détour d'un concert dont il n'était pas la tête d'affiche, en l'occurrence celui d'Elysian Fields. Une quarantaine de minutes plus tard d'un set fait de bricolages inventifs et de mélodies scintillantes et nous voici sous le charme d'une entité comme on en voit trop peu. Quelques échanges de mails, un colis de la gentille chargée de promo et voici que le premier album du groupe, And night arrives in one gigantic step présenté dans un élégant digisleeve (seul l'artwork laisse un peu à désirer, question de goût personnel sans doute) trône tout en haut de la pile de disques en attente de décryptage rédactionnel. Et si le visuel n'est peut-être pas grandiose, le reste... s'écoutera des dizaines de fois sans jamais laisser pointer au loin un début de lassitude. A ce point-là, ça en devient troublant.

"Into the light", titre inaugural et prémonitoire : dans un halo pop-folk indé, une lueur fantomatique traversant la brume et sa mélodie feutrée qui se faufile à travers des arrangements presque féériques, Boy & the Echo Choir nous fait entrer dans son univers bien particulier, que l'on reconnaîtra désormais entre mille, celui d'un album aux compositions riches et infiniment enivrantes, fait d'une multitudes de petites trouvailles sonores et porté par une écriture incroyablement inspirée. Avec "Paris", le groupe change de tonalité et s'offre une petite escapade (presque) lumineuse dans la capitale avant de promener son spleen dans les jardins de sa ville natale sur le sublime "Flower walk". Le point commun entre les deux morceaux, ce piano tantôt enjôleur tantôt plus mélancolique, toujours immersif et transportant avec lui des motifs mélodiques empreints d'une douce nostalgie pop intimiste, frissonnante. Et puis cette voix...

Boy & the Echo Choir expose ses états d'âme, se met à nu avec pudeur au travers de morceaux à la beauté lunaire, presque intemporelle, peignant par là-même des tableaux musicaux d'une rare finesse ("Naphtalene", "Nina Jane"...). Touchante, épurée mais raffinée, l'oeuvre du groupe forme un ensemble qui se pose en prise directe avec l'âme de son auditeur. Les morceaux se suivent dans un merveilleux enchaînement d'harmonies et de sensibilité à fleur de peau, une évidence d'une logique imparable et des instants d'une douce poésie qui nous fait irrémédiablement succomber ("A great sorrow", "Silent is your song"...). Mais au delà du songwriting, de l'interprétation des morceaux ou des petites créations inventives du projet, ce qui fait que Boy & the Echo Choir est une pépite incomparable, c'est aussi et surtout la voix de Boy aka Caroline G, sublimant l'ensemble avec une pureté infinie... un envoutement délicat et suave pour mieux mettre en relief le travail d'écriture d'un album en forme de petit chef d'oeuvre. Comme sur le très beau "Take me home", ou l'apaisant "In the garden", deux titres encore où le talent de cette jeune femme (accessoirement architecte et maîtresse d'oeuvre du projet) au charisme discret et bluffante aussi bien en live que sur CD fait des merveilles. Presque un miracle...