The Boxer Rebellion - The Cold still The Boxer Rebellion est définitivement à part. Une sorte d'exception, de "défaut" dans l'énoncé d'une industrie du disque qui part en vrille. Seul groupe a avoir jamais atteint le top 100 des ventes dans les charts US sans être signé (pour Union), la formation anglaise cultive une certaine indépendance d'esprit, allant à contre courant de ce qu'on lui prédisait, notamment une ascension météoritique à ses débuts, pour finalement acquérir la reconnaissance sur le "tard". Aujourd'hui signé, The Boxer Rebellion l'est sur... son propre label, Absentee Recordings ayant décidé de refuser toutes les propositions de labels pour se concentrer sur son savoir-faire maison. The cold still son dernier-né étant ainsi le fruit de cette totale liberté de mouvements.

Un artwork toujours délicatement classe, comme l'était du reste celui de l'album précédent ; des morceaux effleurant la vague folk pour s'en aller se lover dans des courants pop indie aux guitares discrètement omniprésentes ; des mélodies "à l'anglaise", efficaces et feutrées, avec juste ce qu'il faut d'emphase pour captiver sans pour autant verser dans la grandiloquence mielleuse et des arrangements ciselés avec soin, The Boxer Rebellion poursuit son petit bonhomme de chemin en marge d'une industrie de moins en moins indispensable aux groupes de ce calibre. Livrant une petite dizaines de compositions aux mélodies tantôt intimistes, tantôt plus ostensibles, le groupe basé à Londres, joue à la quasi perfection une partition oscillant entre pop et post-rock, entre ballades enjôleuses façon Snow Patrol et cavalcades ingénues à la Sigur Ros, ces "Memo", "Cause for alarm" et autres "Organ song" de haute volée...

Et au milieu de ces titres, quelques pépites du calibre d'un "No harm" ou "Caught by the light", qui démontrent que disque après disque, le talent du groupe ne se dément jamais, tant du point de vue du songwriting, d'une classe incroyable, que du travail d'enregistrement, extrêmement soigné pour mettre en relief la moindre nuance, ou encore de l'interprétation, habitée, des dix titres que compte ce The cold still. Quelques crescendo fiévreux, des hymnes pop ("Locked in the basement"), un bijou avec "Both sides are even", un tube avec "Runner", malgré deux/trois passages quelque peu oubliables (sur "Step out of the car" notamment), ce nouvel album, peut-être meilleur que son prédécesseur, réserve son lot de petites merveilles pop/folk/indie à nulles autres pareilles, "No harm" en étant le plus bel exemple. Et The Boxer Rebellion de démontrer encore une fois qu'il plane deux/trois classes au dessus de l'immense majorité de ses contemporains. Tout cela, avec une aisance confondante.