Botibol - Born from a shore C'est dans un monde enchanté où brillent de mille feux les arpèges de guitares sèches, les polyphonies vocales, les sons de xylophones et autres rythmiques légères que Botibol a élu domicile. Le Bordelais sort son premier album teinté à la fois d'un folk précieux et d'une pop raffinée où les mélodies sont reines. Born from a shore a l'incroyable pouvoir de nous faire rappeler à chaque titre un nombre important d'artistes tels que Megafaun, Akron/Family ou Bowerbirds et bien évidemment des piliers tels que Nick Drake et l'immanquable Jeff Buckley. De très bonnes influences et, pour une première, Vincent Bestaven aka Botibol nous délivre une véritable petite bombe pleine d'espoir pour la suite. Et qui mieux que Botibol pouvait parler des titres. Voici donc pour vous en primeur les témoignages du protagoniste sur chacune de ses réalisations :

Walk slowly : Pour ouvrir l'album, je voulais un midtempo comme ça, avec une batterie très minimaliste, et des passages éthérés, sans clic. J'avais envie de trouver une guitare picking bizarre, on peut l'entendre tourner autour de la mesure à chaque fin de phrase. Cette chanson parle d'une certaine fatalité et du chaos.

Jo cowboy : J'ai fait plusieurs versions de ce morceau, plus ou moins fournies, avant d'arriver à celle ci. Un couplet a même été écrit pendant la journée au studio. Ca a été un régal de jouer sur le piano, un bosendorfer qui me change des pianos numériques et des casiotones. En faisant attention, on entend Dorian sur les couplets, avec sa belle voix grave. Pierre et Romain chantent aussi sur des choeurs.

Friends : Le thème au glockenspiel a été la première trouvaille de ce morceau. Il est samplé en live, puis je fais les choeurs et attaque les premières phrases. Un morceau sur les amis, la jeunesse et la solitude des débuts de semaines difficiles.

3 am : Un retour au calme, ombragé et champêtre, une introduction au morceau suivant.

A small light in the dark : Une chanson qui évoque l'insomnie, les angoisses. Ça a très certainement un rapport avec la classique magie de la nuit qui facilite l'écriture.

Breakwaters : Ce morceau parle de la mer et de la mort d'un proche.

Dancers : Deuxième morceau que j'ai écrit pour ce projet. Cela doit faire 3 ans, en une nuit sur un vieux 4 pistes, dans la cuisine de mon appartement d'étudiant. Je l'ai écrit après avoir lu un bouquin de Milan Kundera.

Through the mountains : Mélodie trouvée en Thaïlande, pas loin de la frontière avec la Birmanie. On s'était perdu dans un village dont je tairai le nom, on était les seuls blancs, ce qui est rare dans ce pays extrêmement touristique. C'est inspiré de ces paysages assez ahurissants, et des histoires racontées par les villageois du coin, qui font échos d'une certaine manière à d'autres histoires d'autres habitants sur les frontières et les étrangers.

Filling a hole : C'est un genre de blues, assez inspiré par la B.O. de "Paris Texas". En guise de caisse claire j'ai utilisé un pupitre en métal sur lequel était posé un tambourin.

We were foxes : Romain et Pierre chantent sur ce titre également. Ca a un rapport avec l'envie de s'échapper de la ville avec mes amis du collectif Iceberg, des belles façades très propres et rénovées de Bordeaux.

Arudy : Cette chanson porte le nom d'un village des Pyrénées ou j'ai passé quelques vacances chez mes grands parents, aujourd'hui décédés. L'hiver, quand tout est blanc et gris.

Oh son : J'avais envie de quelque chose d'atmosphérique et assez suggestif, une ambiance particulière (qui traîne d'ailleurs sur la fin du titre). Ce morceau peut bien sûr être compris de différentes manières, même si j'ai entamé l'écriture après la découverte d'un livre, "The unforgettable fire".