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BLVL / Chronique LP > Turning worlds

BLVL - Turning worlds Quel délice ! La musique de l'all-star band de Belleville emplit de nouveau nos oreilles avec 5 titres toujours aussi pop et spatiaux. Je ne compte pas la première piste (avec le DJ remixer bricoleur The Toxic Avenger) qui n'est qu'une courte introduction instrumentale, les choses sérieuses commençant avec le titre qui donne son nom à l'EP "Turning worlds". Le temps se détend, suspend son vol, les mots s'étirent eux aussi, la sensation de ralenti disparaît peu à peu, les effets sur le chant le rendent plus direct mais malgré le renfort des guitares, le titre ne décollera jamais, préférant nous laisser dans une forme de mélancolie cotonneuse pas forcément désagréable. "Again" est davantage marqué par son tempo volontaire, la basse se fait nerveuse, les harmonies plus accrocheuses, on passe clairement en mode "rock" avec toujours ce petit goût de cold wave apporté par le timbre de Francis Caste. "Sorry" monte dans les aiguës et ne trouve pas forcément grâce à mes yeux (tout comme "The 6th continent" sur Empire of nights). "Come to me" (avec la participation des bidouillages de Clovis XIV à savoir le batteur des ex-Sna-fu Grand Desordre Orchestre) allonge un peu le propos et laisse de nouveau s'exprimer davantage les instruments. Il faut attendre l'ultime "The executioner" pour que tous les aspects de la musique de BLVL s'expriment vraiment ensemble avec un chant qui exploite toute sa palette et des instrus qui sortent davantage leurs griffes tout en restant dans cette espèce de bulle confortable où une forme de tristesse s'exprime sans faire de mal. Quand ils en ont le temps, les BLVL préparent un album et c'est une bonne nouvelle car leurs deux premiers EPs témoignent de leur talent et prouvent qu'on peut aussi bien produire des groupes énervés qu'écrire de jolies plages de douceur, et ce n'est pas Amaury Sauvé / Soja Triani qui dira le contraire.

BLVL / Chronique EP > Empire of nights

BLVL Si en découvrant le line-up de BLVL, tu salives en pensant écouter un groupe de métal mental, garde ta salive. Car si Francis Caste au chant et à la guitare aime les structures complexes (Dysfunctional by Choice) et produit parmi les groupes les plus sombres (Cowards, Hangman's Chair, The Arrs...), si Augustin Pecnard fait parler sa science du métal éthéré avec Doyle Airence, si Tom Zanghellini a tenu la basse de Comity et Mass Hysteria, si Fred Quota tient la batterie de Delivrance, la réunion de ces quatre-là donne un combo space-pop !
Constructions prog', ambiances post, chant aérien qui fuit les graves, grattes claires, mélodies douces, ce premier EP Empire of nights n'a rien d'évident et joue sur un terrain où rares sont ceux qui réussissent. Mais avec le talent, tout est possible, même d'invoquer l'esprit de David Bowie pour un jam avec Steven Wilson ou faire se croiser Pulp et King Crimson. BLVL ose des mélanges, crée des harmonies parfois improbables, s'aventure assez loin sans complexe (parfois un peu trop dans les aiguës pour mes oreilles sur "The 6th continent") et réussit son pari de séduire avec une musique aussi alambiquée qu'ambitieuse. Tu peux donc te remettre à saliver en attendant la suite.