Après un premier EP, Zero*Zero*One, on attendait plutôt un LP, mais on a un nouvel EP avec Ecliptic, c'est un choix délibéré ?
Oui, on a toujours prévu de sortir 3 EPs avant quoi que ce soit d'autre. On veut ainsi se donner la chance de créeer le son du groupe peu à peu, avant d'écrire un véritable album et de partir le défendre avec une grosse tournée. C'est un choix tactique qui marche très bien avec nous, on n'est pas bloqué sur 10-12 chansons qu'il faut répéter et jouer pour la promo, les concerts, avec peu de titres, l'identité du groupe peut évoluer, on progresse également plus rapidement dans notre façon de composer, cette façon de fonctionner, c'est une chance qu'on offre au groupe.

Alors la prochaine étape est un nouvel EP ? Vous ne pensez vraiment pas enregistrer un album entier ?
On est en plein travail de compositions, on verra à la fin combien de titres on a... Et c'est à ce moment-là qu'on décidera si on sort un troisième EP ou directement l'album...

Je trouve Ecliptic plus rock'n'roll que Zero*Zero*One, tu es d'accord avec ça ?
Tout dépend de ce que tu entends pas "rock'n'roll" ! Ecliptic est bien plus arrondi que Zero*Zero*One, peut-être pas aussi expérimental, mais je pense que le travail de composition et le son d'ensemble sont bien meilleurs sur ce nouveau CD.
Vous sentez donc une évolution...
C'est clair ! Le groupe s'est incroyablement construit entre les 2 CDs, on travaille désormais beaucoup plus comme un bloc. Et les chansons sonnent nettement plus fluides, moins disjointes les unes des autres.

Enregistrer des titres instrumental (félicitations pour ces titres au passage) semble être très important pour vous, tu peux nous en parler ?
On aime crééer des atmosphères avec notre musique, à la fois sur scène et sur album, on pense que ces petites compos intrumentales font ça très bien. La plupart sont là pour fixer l'humeur du CD. Sinon, on aime tout simplement musicalement expérimenter des choses...

Beaucoup de gens attendaient une sorte de mix de vos anciens groupes mais The Blueprint ne sonne ni comme Earthtone9, Pitchshifter ou Consumed. C'est un truc auquel vous faîtes attention ou alors la musique que vous créez est ... naturellement différente ?
La musique est juste naturellement différente, on ne prépare rien, on fait juste la musique qui nous plaît. Il ne faut pas oublier quelque chose d'important, c'est qu'aucun de nous était le compositeur principal dans nos groupes précédents...

Là, vous allez tourner en Angleterre, vous prévoyez de débarquer sur le continent un de ces jours ? Et plus spécifiquement en France ?
On veut tourner sur le continent le plus vite possible, mais je ne suis pas certain que notre emploi du temps ne nous permette de faire ça cette année, peut-être l'année prochaine...

Le nouvel EP, Ecliptic, est distribué en France, vous attendez quelque chose du public français ?
On espère juste que les gens aimeront cet album et ce que nous faisons ensemble comme un groupe à part entière.

Que penses-tu de tous ces groupes "emo" ? Aujourd'hui, chaque groupe est "emo"... Pas mal de gens pensent que le terme a perdu sa signification...
Le mot "emo" est totalement redondant, on le trouve partout, pour moi, "emo" correspond aux groupes de DC du début et du milieu des années 90, des groupes comme Hoover par exemple. Il semble que tout ce qui dérive du HardCore, mais avec de légères différences, soit estampillé "emo" désormais...
Tu penses faire parti de cette vague plutôt à la mode ?
Il y a des aspects "emo" dans ce que l'on fait, parce que c'est une musique qu'on apprécie, mais je ne crois pas qu'on puisse se rattacher à cette vague... Il y a bien plus que ça dans notre musique.

Il y a pas mal de jeunes groupes anglais qui sortent un EP puis un EP et ensuite disparaissent. La plupart ne sont pas mauvais mais ils splittent rapidement, est-ce par ce que c'est facile de percer en Angleterre ? Ou alors y-a-t-il trop de groupes ?
Au contraire, c'est super dur, plein de groupes sortent de supers bons albums et n'arrivent pas à enchaîner parce que les gens sont focalisés sur les groupes américains. Les groupes anglais qui arrivent à ce niveau national, où la concurrence devient plus rude, perdent alors leurs illusions et abandonnent le combat...