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Biographie > Bande de blaireaux !


Les blaireaux sont les plus gros mustélidés d'Europe, ce sont aussi des instruments de barbiers. Quand il est gros, le blaireau est rarement fréquentable, quand il est à vélo, il gagne le tour de France. Dans ce zoo, il manquait un groupe de rock, depuis les années 90, des Lillois ont comblé ce manque. Ils sont potes de lycée et jouent pour mettre de l'ambiance dans les troquets, les petits clubs et même le cinéma art et essai de la fac (où je les vois pour la première fois à la fin du siècle dernier). Comme ils font plein de concert, ils sortent une première démo live intitulée logiquement Les Blaireaux en concert puis un premier opus en 2001 : Pourquoi vous changez pas de nom ?. Les Blaireaux sortent un peu de Lille, fouinent un peu plus loin, le groupe demande du temps et en 2003, ils sautent le pas, arrêtant leurs jobs pour devenir musiciens, si si, c'est un métier aussi. On les carresse alors dans Le Sens du poil et ils migrent le temps d'une tournée jusque la Yougoslavie. En 2005, ça bouge dans le terrier, la bande de quatre passe à six, Julien quitte le groupe pour sa femme (c'est mieux que l'inverse) et est remplacé au sax, à l'accordéon et au banjo par Cyrille, les deux nouvelles recrues sont un autre Julien à la basse et Pierre au trombone. Ajoutés aux historiques Alex (chant et guitare), François (guitare et piano) et Stan (batterie), ils enregistrent et sortent Pas si bêtes... en 2005. L'année suivante, Julien retourne Chez Jull, Fabrice récupère son poste et découvre les joies des salles pleines qui chantent leurs tubes. Rois de l'indé, ils signent en 2007 sur un label qui a du flair : At(h)ome, au début de l'automne sort Parades prénuptiales.

Les Blaireaux / Chronique LP > Bouquet d'orties

Les Blaireaux : Bouquet d'orties 3 ans déjà que sont parues les Parades prénuptiales, le temps passe vite avec Les Blaireaux, au printemps 2010, ils reviennent avec un faux livre de chansons, un recueil de 15 chapitres plus ou moins osés, plus ou moins marrants, plus ou moins attachants. Comme d'habitude, les titres sous la ceinture sont assez bien écrits ("Piqûres d'orties", "Le don de soi", "La Mariée n'est jamais trop belle") et je ne résiste pas à citer les Lillois avec cet extrait du morceau qui donne son nom à l'album : Elle venait de Vienne, elle s'appelait Maude, elle était jeune fille au pair à Saint-Claude et elle adorait les spécialités du pays. Attention cependant aux images mentales que l'on construit si on écoute de trop près les paroles. Si ces compositions marquent des points avec leurs textes, d'autres le font avec des refrains entraînants, plus terre à terre et plus chantants, c'est le cas de m'ultra efficace "J'suis pas tout seul" qui a été bien rôdé sur scène ou de "Pas de lettres pour le facteur" qui s'imprime aisément dans les esprits. D'autres chansons semblent futiles ("Les charentaises") mais n'est-ce pas pour les gaillards l'occasion de se poser la question de l'identité nationale ? Toujours en phase avec l'actualité, Les Blaireaux ne ratent pas une occasion de tacler la politique du gouvernement avec humour ("La jolie trahison de Tarek Wachmoul") ou de jongler avec les mots pour nous préparer au mondial de foot ("Un petit ballon") sans oublier de placer différentes lignes de lecture (Assouplissement de la carte scolaire, ça va secouer le marché des transferts ...), et de faire s'entrechoquer les références et les petits sons. Autre thème qui est chair à nos petits animaux : la paternité et la zoologie, les deux sont réunis dans "Allez papa !".
D'une entrée fracassante à l'anglaise jusqu'à un hommage aux pingouins, les fans ne seront pas déçus par les six compagnons de la chanson qui écrivent une nouvelle ligne sur leur discographie et rééditent à coups sûrs un best-seller...

Les Blaireaux / Chronique LP > En concert au Splendid

Les Blaireaux - En concert au Splendid Le 6 juin 2009, Les Blaireaux investissaient la salle du Splendid de Lille, leur ville, pour un concert encore plus chaud que d'habitude puisqu'ils l'enregistraient pour sortir un nouveau live, quelques années après Pas si bêtes ( 2005, déjà en partie enregistré dans leur temple) et bien plus après leur première démo En concert (2000, captée au Biplan, toujours à Lille). Le son est impeccable, conservant les applaudissements et les cris du public sans interférer avec la qualité des chants et des instruments sur les nombreux morceaux où le public ne peut s'empêcher de battre la mesure et de chanter sa joie (comment résister à "L'Auberge du chat qui pète" ?).
Le groupe interprète bien entendu bon nombre d'extraits de son dernier album studio en date Parades prénuptiales ("Le gardien de musée", "Supplique de deux frères claustrophobes", "Laureline", "Autour du berceau", "L'oeil", "Pourquoi j'ai mangé ma mère", "Les aventures du baron perché", "Balance l'info !", "La sieste") et ne se contente pas d'intégrer quelques vieux tubes à la set list puisqu'ils jouent un très sympathique nouveau titre ("J'suis pas tout seul"). Du concert live, seuls 3 titres ne sont pas sur le disque, une reprise ("Gloria"), "Cinéma" (déjà sur Pas si bêtes), et un autre inédit ("Les charentaises") qui a été modifié depuis (et qu'on entendra peut-être sur le nouvel album qu'ils sont en train d'enregistrer...). Pour ceux qui n'auraient pas déjà vu Les Blaireaux en concert, la fête, la déconne, la vanne, le tacle politique, l'imprévu et la mise en scène sont autant d'éléments auxquels les Lillois sont très attachés. Comme ce soir-là, c'est Delbi qui était chargé de chauffer le public, ils les ont invités à refaire un petit tour sur scène pour "Grand reporter" et "L'oeil", et comme plus on est de fous, plus on rit, les planches se remplissent pour "Pom pom pom frites", qui après "Balance l'info !" fait encore monter la température pour une fin de concert hystérique. Mais comme il ne faut pas relâcher son public dans un état second, Les Blaireaux les apaisent avant de partir avec une version acoustique de "La sieste".
Sortir un disque live est une sorte de tradition pour Les Blaireaux, espérons qu'ils puissent un jour sortir un DVD (ça coûte cher et ça ne rapporte rien...) car leurs concerts sont aussi des spectacles visuels...

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Les Blaireaux / Chronique LP > Parades prénuptiales


Les Blaireux : Parades prenuptiales Les Parades prénuptiales, c'est fait pour charmer et sans être moi-même un Blaireau (encore que, pour certains, je dois en être un...), et bien Les Blaireaux m'ont charmé avec les leurs, à savoir une douzaine de petites chansons et il y en a un peu plus, je vous le mets quand même. Si on résume, ce sont des textes amusants avec des musiques entrainantes, ça s'écoute très facilement et de 7 à 77 ans, voire moins et plus. Si Les Blaireaux surfent parfois sur des sujets un poil sous la ceinture ("L'oeil", "La chanson du branleur"), ils évitent toujours la vulgarité et trouvent les bonnes tournures pour mixer le plaisant au sulfureux. Les Lillois sont toujours en plein dans la réalité et touchent là encore tout le monde, un des textes les plus drôles sent d'ailleurs fortement le vécu, on peut facilement gaffer "Autour du berceau" ! Sur un autre sujet et un rythme endiablé, "Balance l'info !" est un hymne à la presse people et aux fans de ragots qui la font vivre, un morceau d'à peine 2 minutes que l'on imagine bien durer le double sur scène où le groupe, toujours très à l'aise, se fera un plaisir de faire chanter le public... La réalité c'est aussi des historiettes sympatoches comme "Le gardien de musée", un amoureux de la Vénus de Milo, des revendications syndicales ("La sieste"), des interrogations vitales mélées à quelques bonnes recettes ch'ti (welsh, carbonnade...) pour "Une jeune fille qui a faim" ou encore la question de la pilosité ("Des moustaches à la Nietzsche"). Les Blaireaux peuvent aussi se mettre à la place de foetus jumeaux qui manquent de place (font des pirouettes dans ton petit bassin) et arrivent dans cette "Supplique de deux frères claustrophobes" à parler autant de Sigourney Weaver mettant des coups de boule aux aliens ou de Zidane. La littérature est aussi un sujet d'inspiration, c'est même le premier mis en avant avec le très joli "Les aventures du baron perché" qui se base sur le roman d'Italo Calvino (Le baron perché) et le revisite tout comme la théorie de Newton, le jeune Côme étant plus espiègle encore, la pomme de l'autre étant digérée avant sa chute... L'autre clin d'oeil est "Pourquoi j'ai mangé ma mère" qui fait écho au Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis mais on est loin de la Préhistoire et plus proche de l'actualité glauque et des congélateurs... Le groupe peut aussi composer des plages plus calmes et plus graves ("Dresde" et son piano, "Dans la maison de Virginie" et sa mélancolie).
Ces Parades prénuptiales se jouent avec les instruments traditionnels mais aussi avec d'autres beaucoup moins courants, assez exotiques et qui donnent davantage (encore !) de couleurs aux sonorités, quand tu écoutes Les Blaireaux, tu écoutes donc un peu le son du cavaquinho, de la theremine ou de l'afuche cabassa ! Et comme ils sont amicaux, nos mustélidés préférés se sont acoquinés avec quelques autres artistes pour nous séduire, Emily Loizeau fait mouche ("Des moustaches à la Nietzsche"), Pierre Sangra (un spécialiste des instruments à corde qui joue avec Thomas Fersen) renarde "Autour du berceau", Manu de Tryo fouine "Dans la maison de Virginie" avec ses tablas tandis que David Sire (ex-Drôle de Sire) furète durant "La sieste" et "Les aventures du baron perché" son ukulélé sous le bras.
Infatigable groupe de scène, Les Blaireaux existent aussi sur disques, leurs Parades prénuptiales devraient déboucher sur un nouveau mariage avec le public et une chaude nuit de noces...