Blacklisters Quand l'on tient Blklstrs de Blacklisters dans les mains pour la première fois, on s'attend réellement à écouter un disque de folk aux atmosphères qui sentent le sapin. Et bien, il ne s'agit absolument pas de mignonnes chansons à écouter peinard près d'une cheminée en attendant que votre ex-copine vous rappelle, le quartet de Leeds évoluant plutôt dans le registre de la noise extatique avec des bonnes velléités hardcore. Un sillon déjà labouré et même sur-labourée par Daughters, Rye Coalition, Pissed Jeans, sans oublier les patrons de The Jesus Lizard. Oui je sais, je les cite à chaque chronique mais quand on aime... "bla bla bla".

There is nothing new under the sun diraient les mecs de Coalesce : niveau musique,Blklstrs est "juste" un disque braillard comme c'est pas possible, avec une puissance de feu exacerbée, une dynamique épileptique et un propos toujours outrageusement véhément. La première piste, "Clubfoot by Kasabian", fait déjà frémir les enceintes avec une intro pétaradante pour finalement dynamiter la tronche de l'auditeur. Le chant est dans la grande tradition noise 90's, école David Yow option gueulante hardcore ; derrière, ça malmène les oreilles comme c'est pas possible, les musiciens ont une maîtrise évidente du sujet "noise pied au plancher". Le reste de la copie est du même acabit, saignant et en mode autoroute, c'est d'ailleurs l'un des seuls reproches que l'on pourra faire à cet album qui jouit d'une maîtrise sans faille : celui d'être assez monomaniaque dans les intentions. La preuve : le seul moment où les Anglais ralentiront véritablement le tempo, c'est sur la dernière piste instrumentale intitulé "Shush", une respiration qui, très honnêtement, s'avère salvatrice.

Rien de neuf au final mais Blklstrs publié via le très recommandable label A tant rêver du roi (Io Monade Stanca, Shub, Ed Wood Jr...) est une chouette porte d'entrée pour découvrir ce groupe qui a déjà quelques sorties à son compteur. Prépare-toi pour la bagarre, chez Blacklisters, ça ne plaisante pas. A tel point que l'on a parfois l'impression de subir les assauts d'un hyperactif qui a oublié de prendre ses calmants journaliers.