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Biographie > TBNP

Projet principal de Jeremie Grima (Stereoscope), The Black Noodle Project est un groupe qui s'est formé début 2001, sous l'impulsion de Jeremie, mais tout seul. Celui-ci, désireux de s'affranchir des contraintes inhérentes à tout processus de composition en groupe décide alors de tout faire seul en laissant parler ses influences et ses désirs musicaux... en toute liberté et indépendance artistique. Il écrit, compose, arrange, retravaille ses compositions pendant plusieurs mois, tout cela pour aboutir à 11 titres qui formeront la première démo de The Black Noodle Project : Dark smiles (2002). Musea Records croit en TBNP et lui offre alors de distribuer le premier album studio du projet. Jeremie Grima monte alors le label associatif B-Smile Records avec l'aide de Laura Sénéchal et Bertrand Pinsac (également journaliste chez Versus Magazine) et entame l'écriture de l'album. The Black Noodle Project est alors définitivement sur de bons rails et va se voir renforcer par les arrivées en son sein d'Arnaud Rousset (batterie), Anthony Leteve (basse) et Matthieu Jaubert (claviers) : l'entité est maintenant devenu un vrai groupe au sein duquel Jeremie Grima occupe les postes de chanteur et guitariste. Ete 2004, le quartet passe en studio pour assurer les sessions d'enregistrement de And life goes on..., un disque qui voit finalement le jour début 2005 via Musea. Entre-temps, le groupe s'est séparé de son batteur, Arnaud Rousset (remplacé par Franck Girault) et The Black Noodle Project embauche également un second guitariste : Sebastien Bourdeix (avec lequel Jeremie Grima bosse pour Stereoscope). Courant 2005, le line-up est stabilisé, le désormais quintet peut entamer la production de son deuxième album Play again, qui voit le jour au mois de juillet 2006, toujours via B-Smile Records / Musea Records. Deux années plus tard, le groupe remet le couvert avec un album concept répondant au doux patronyme d'Eleonore.

The Black Noodle Project / Chronique LP > Eleonore

The Black Noodle Project - Eleonore Eleonore, album concept centré sur un conte narrant les aventures d'une petite fille orpheline, Eleonore donc, qui part à la recherche d'un pays mystérieux, est une oeuvre à l'identité visuelle clairement aboutie. En témoigne notamment le visuel, évoluant entre BD et manga japonais qui met en valeur un disque au digipack soigné, preuve que The Black Noodle Project a voulu faire du successeur de Play again, un objet classe et non pas un simple disque de plus... Adepte d'un rock progressif ouvertement old-school, le groupe n'en délivre pas moins ici des mélodies ténébreuses portées aux nues par des guitares classieuses qui jouent avec les stéréotypes et autres codes du genre pour mieux s'effacer derrière des envolées au lyrisme raffiné ("Sorrow") ou pas (un "Hope" plus poussif). Basses lourdes, menaçantes, annonciatrices des tourments à venir et d'obstacles à affronter pour la petite Eleonore, "Fear" oscille entre incertitude et conviction, entre appréhension et volonté d'accomplir sa quête, un titre plus minimaliste, posé, comme si le silence devait nécessairement précéder la tempête.
"Awareness" tend à confirmer cette impression. The Black Noodle Project muscle considérablement son propos, laissant aux guitares le soin de faire parler la poudre avant de se lancer dans une chevauchée épique à travers les contrés mystérieuses qui peuplent l'univers d'Eleonore. Guitares aventureuses, riffs puissants, entre rock et metal prog à la Porcupine Tree, TBNP, ménage ses effets, construit patiemment les ambiances d'un disque à l'architecture certes old-school, mais à l'élégance savoureusement surannée ("Resistance"). Les titres défilent, illustrant chaque épisode de la jeune Eleonore dans sa quête : après l'espoir, la peur puis la résistance et enfin la libération : les deux derniers morceaux de l'album laissant entrevoir une issue favorable au destin de cette jeune héroïne. Le très rock "Escape" puis le plus intimiste "Deliverance", livrent un épilogue rayonnant à ce disque qui navigue entre ombres et lumières, entre clair et obscur, mélodies diaphanes ou orchestrations ombrageuses, pour un résultat qui nous fait voyager dans le passé sans pour autant nous faire oublier le présent. Classe...

The Black Noodle Project / Chronique LP > Play again

The Black Noodle Project : Play again Quel plus bel hommage pouvait-on rendre en la mémoire de Syd Barrett (frontman originel des Pink Floyd décédé quelques jours avant la publication de cette chronique), que de chroniquer le nouvel album du plus talentueux représentant de la scène rock progressive hexagonale ? Vous me direz, se farcir l'intégralité de la discographie des Floyd en chronique... oui, mais là, l'opportunité de parler du deuxième effort studio de The Black Noodle Project était trop belle... pour les David Gilmour, Roger Waters et les autres, on verra pour les dix ans du W-Fenec (sic). Play again donc (oui, parce qu'à un moment il faut arrêter de tourner autours du pot et entrer dans le vif du sujet...), successeur du très estimable And life goes on, plutôt apprécié des spécialistes de la cause progressive (c'est à dire, pas forcément grand monde... re-sic), qui sort enfin dans les bacs après avoir été repoussé de plusieurs mois suite à des soucis de manufacturing. Annoncé, repoussé et donc forcément attendu par une poignée d'inconditionnels déjà (presque) conquis, Play again pose ses premières notes sur la platine CD et déjà le groupe nous transporte quelques trois décennies en arrière. Et là, autant dire que ça fait tout bizarre, cette impression de se retrouver dans une faille musicale temporelle, même si au passage The Black Noodle Project parvient à garder assez de modernité dans sa musique pour faire le pont entre les deux époques. Car oui, il y a des nostalgiques des grandes heures du rock progressif qui devront se pencher sur Play again, ils devraient y retrouver ce qui faisait la magie de l'époque. Tantôt spatiales, tantôt plus orageuses, les lignes de gratte planent à quelques mètres au dessus du sol avant de prendre plus d'amplitude et de s'élever encore et encore se gorgeant d'éléctricité pour se perdre dans l'atmosphère. Ici tout est question de musicalité... et pour ça, TBNP sait parfaitement y faire. Un chant pas forcément omniprésent, mais magnifiant les guitares sans jamais perdre la retenue qui fait toute sa force. Des compositions organiques et aux structures évolutives. Des solos qui évoqueront inévitablement le travail de David Gilmour sur On an island, un psychédélisme latent au service d'une musicalité étonnante, le groupe évite soigneusement de trop en faire, tout en apposant lentement mais sûrement sa griffe. Au fil des mélodies sensibles que distille le groupe, son style se révèle plus soigné, plus personnel, ses compositions d'une étonnante intensité. Le songwriting est très affiné, les compositions plutôt enlevées et si, Play again patît parfois (sur quelques passages en réalité...) un peu de l'ombre de ses illustres modèles, il n'en demeure pas moins un hommage discographique de toute beauté, inspiré et d'une maîtrise artistique impressionnante.