Black Rainbows - Carmina Diabolo Après un premier album typé desert rock avec une pointe de psychédélisme sur les contours (Twilight in the desert), revoici le power-trio italien de retour pour un joli braquage armé de guitares qui font mâl(e), de riffs en alerte rouge écarlate et d'un groove incendiaire directement inspiré par le malin. Il diabolo plane donc sur cet album et les deux premiers titres "Himalaya" puis "Babylon", deux bombes stoner à ranger tout en haut de l'étagère aux côtés des Brant Bjork et Fu Manchu. C'est chargé en électricité, blindé par une basse démoniaque et une mélodie directement vissée dans le cortex de l'auditeur. On le dit de suite, en live, les morceaux de ce Carmina Diabolo peuvent retourner une salle.
Surtout que le trio sait aussi appuyer sur l'accélérateur et exécuter un "Under the sun" le riff collé au rétroviseur. Petit solo de gratte assassin pour épater la galerie, grosse efficacité rythmique histoire de jouer les durs les titres défilent à une vitesse folle et l'inconditionnel de stoner rock pur et dur se délecte forcément d'un "What's in your head" au fuzz ombrageux ou d'un "Bull & bones" furieusement burné qui lui passent entre les écoutilles. Intègres et droits dans leurs bottes, les Black Rainbows ne réinventent pas le genre mais en tirent assurément le meilleur pour livrer un cocktail sauvage de stoner-rock sous testostérone, biberonné au son des monstres sacrés des 90's.
Peu de temps morts sur cet album, sinon l'interlude "Carmen diabolo" psychotrope et spatial, petite pause avant de retourner faire fumer les amplis et ferrailler les guitares dans une orgie de riffs au coeur de laquelle se dégagent notamment "In the city" et "Return to Volturn". De l'énergie brute, de la fougue, de l'urgence dans le jeu et une énorme envie de faire vibrer les murs, les Italiens semblent inarrêtables et continuent d'enchaîner les brûlots rock'n'roll ("The with"), respectant à la lettre les "codes" d'un genre reconnaissable entre mille et ici mis en exergue comme jamais ("Space kingdom"). Plus de doute possible, entre power-rock rocailleux et petites incartades psychées, on a trouvé les nouveaux fils du désert, les héritiers de Kyuss, Fu Manchu et consorts... La grande classe.