black_rainbows_pix1.jpg Hello Gabriele, pour commencer et pour nos lecteurs qui ne connaissent pas encore Black Rainbows, tu pourrais revenir sur les origines du groupe et sur ses membres ?
Durant l'été 2005, alors que je jouais depuis 8 ans dans un groupe qui s'appelle Void Generator (heavy psyché rock), j'ai décidé de composer des morceaux pour moi-même. J'étais en vacances à ce moment-là et j'ai décidé de prendre quelques jours pour écrire dans mon coin dans ma maison de campagne. J'ai commencé par écrire des morceaux qui sonnaient différemment de ce que j'avais fait auparavant, et je me suis rendu compte que c'était ce feeling que je voulais vraiment avoir dans ma musique. J'ai alors appelé deux amis Luca Giancotti and Tommaso Moretti (basse et batterie) pour faire quelques répétitions. Nous avons bossé sur tous les morceaux qui figurant sur l'album jusqu'à ce qu'on soit fins prêts. On a enregistré le disque entre février et avril 2006 et c'est à peu près à ce moment-là que j'ai décidé de quitter Void Generator pour me consacrer pleinement au projet Black Rainbows.
Luca et Tommaso ont chacun de leur côté poursuivi leurs projets musicaux alors j'ai commencé à chercher du monde pour bâtir un nouveau line-up. J'ai trouvé Dario Epifani (basse) et Daniele Conti (batterie) deux excellents musiciens. Ensemble on a alors commence à affiner notre son pour avoir une véritable approche de live personnel et efficace.

Pour ma part, je dirais que le style de Black Rainbows était un cocktail de stoner et de rock psychédélique. Comme un mix entre Black Sabbath, QOTSA, Pink Floyd et MC5. Tu es d'accord avec ça ?
Oui on peut dire ça, mais on pourrait également dire que c'est une mixture entre Groundhogs, Captain Beyond, Cactus, Spirit Caravan, Blue Cheer, Hawkwind et pas mal d'autres. A mon avis, c'est également quelque chose qu'on entend à la première seconde de l'album. Nous avons un peu de space rock, pas mal de heavy psyché, du hard rock, et du desert rock !

Au niveau de l'écriture de l'album, qui faisait quoi au sein du groupe ?
Concrètement, au départ, j'ai écrit l'ensemble des morceaux et composé les différents arrangements, après j'ai essayé d'expliquer aux autres ce que je voulais et à partir de là, on a collaboré tous ensemble afin d'affiner les morceaux au maximum. Mais maintenant qu'on est un vrai groupe, on fonctionne de manière plus traditionnelle dirais-je. On va en répét', Daniele commence à frapper ses fûts, je place une ligne de gratte et Dario pose un riff de basse, on laisse venir le truc, on s'arrête et on discute de comment on veut que ça sonne, comment on veut construire le morceau. C'est comme ça qu'on a bossé cet été, on s'est retrouvé trois fois par semaine surtout le soir et la nuit et on a écrit 7/8 bons nouveaux morceaux rock en moins d'un mois.

Combien de temps avez-vous passé en studio pour mettre en boîte Twilight on the desert ?
J'ai enregistré moi-même les parties de chaque instrument chez moi dans le Channel5Studio : un jour à chaque fois pour les parties de basse, guitare et batterie, et idem pour le chant et les synthés. Après ça, j'ai pris le matériel audio que j'avais enregistré et l'ai apporté à un de mes meilleurs Pino Santamaria, un producteur assez reconnu chez nous qui a mixé la totalité de ce que lui avait apporté. Après ça, direction un autre ami, pour le mastering final.

J'ai l'impression que le titre de l'album est une référence avouée à des formations stoner/desert rock cultes comme Kyuss, Slo Burn, Unida or Masters of Reality.
Cette référence est effectivement dû à nos influences et on remerciera toujours ces groupes pour la musique qu'ils ont su produire. et là dedans, Kyuss tient une place de choix. Mais en fait le concept de l'album a débuté quand on a vu la photo qui sert d'artwork à l'album dont l'auteur est un photographe américain. J'ai instantanément flashé sur cette image et ai développé le thème de l'album par rapport à elle. Après il m'a suffit de l'acheter au photographe pour pouvoir l'utiliser.

Vous êtes signés chez Longfellow Deeds Records (Honcho, Rite, Sparzanza...), une petite structure avec une ligne éditoriale reconnue comme étant de qualité. Comment êtes vous arrivés chez eux ?
Après avoir fait le mix de l'album, j'ai envoyé des exemplaires un peu partout. Quand j'ai vu les groupes qui avaient bossé avec Longfellow Deeds Records, je leur ai demandé si on pouvait bosser ensemble. J'ai également été en contact avec des labels italiens mais je pense que s'ouvrir à l'étranger via un label à vocation internationale (LFD signe des groupes aussi bien français que scandinaves) était une très bonne chose. En plus, tu le sais aussi bien que moi, il n'y a pas des masses de labels qui apprécient ce type de musique ! Avec Xavier (le boss de Longfellow Deeds) on a discuté, il nous a offert un bon deal, le truc positif, c'est qu'on n'a pas eu besoin de s'asseoir face à face autour d'une table, mais juste de s'envoyer des mails tous les jours. Avoir un bon relationnel dans ce cas est primordial. Je connais pas mal de labels où ça ne se passe pas aussi bien.

black_rainbows_pix2.jpg A propos des influences, quels sont les groupes qui ont influencé le son de Black Rainbows ? Kyuss j'imagine, peut-être Primus, qui d'autres ?
On peut dire que ça va de Monster Magnet à Captain Beyond mais également qui renvoie à la scène prog italienne des années 70' ce qui est immense, à King Crimson, Black Sabbath, Cactus, Cream, Caravan, Blue Cheer, MC5 et bien d'autres, mais au sein du groupe, nous écoutons chacun plein d'autres trucs comme du funk, du classique, du jazz et de manière générale on essaie de mettre un peut de tout ça dans notre musique !

Qu'est-ce que tu écoutes ces derniers temps ?
Witch, Sgt Sunshine, Firestone, Wolfmother, Witchcraft et tout ce qui est encore plus rock'n'roll. On n'est pas super fan de doom même si on a beaucoup de respect pour ces groupes, mais pour nous, plus rapide c'est, mieux c'est !

Pour des groupes signés chez de "petits" labels indépendant, j'ai toujours pensé que le net était un formidable vecteur de communication et de promotion avec des outils comme MySpace, PureVolume, YouTube et plein d'autres. Mais évidemment, certains ne pensent pas comme moi et le téléchargement illégal, les MP3 et le P2P sont devenus un véritable problème pour les majors, comment appréhendes-tu tout ça ?
Les majors veulent faire du fric. Avec les concerts, le merchandising etc. ils peuvent faire des bénéfices. Mais là, on parle de gens qui veulent se faire un max de thunes avec la musique, ce sont de très grosses compagnies qui n'ont qu'un mot à l'esprit : profit. Elles perdent des sommes astronomiques à cause du téléchargement mais parfois (souvent même), ces mêmes boîtes viennent te vendre des ordi avec des lecteurs mp3, des lecteurs et graveurs de dvix intégrés. Tu sais je ne me fais pas de soucis pour ces gens-là en fait.
Pour les petits groupes, c'est là une occasion rêvée de montrer ce qu'ils savent faire, ce qu'ils ont à proposer. Tu as ton CV musical en ligne, tout le monde peut en deux clics tout savoir de ton travail. Pour nous c'est vraiment une bonne chose : un truc démocratique.

Ne te vexe pas mais depuis la France, on a quand meme l'impression que l'Italie n'est absolument pas un pays avec une culture stoner/rock. J'ai raison ?
Oui, ce que tu dis est tout à fait juste, nous sommes le pays du Sanremo !
On a plein de groupes de pop italienne mais on n'a pas une culture rock comme aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. D'ailleurs, la plupart des Italiens ne parlent même pas anglais, alors le marché international a plus de mal à performer chez nous. Il y a chez nous pas mal de gens qui écoutent de la techno ou du reggae, mais assez peu du hard rock et encore moins du métal.

Est-ce qu'on va vous voir en France dans les prochaines semaines (mois ?) ?
Mmmm... Dans les prochaines semaines, je ne pense pas, mais j'espère sincèrement que nous viendrons en France l'année prochaine.

J'ai entendu dire que vous aviez déjà bien entamé la préparation du prochain album... info ? intox ?
C'est vrai. A l'heure qui l'est, nous avons une quinzaine de compos de prêtes... Nous devons maintenant choisir patiemment quels seront les meilleurs titres à metre dans notre deuxième album. Mais on n'est pas vraiment pressé, on prendra le temps de faire les choses correctement.

Tu as quelque chose à ajouter
Merci à toi de supporter la scène rock.