black_rainbows_twilight_in_the_desert.jpg C'est la fin de l'été, la météo est plutôt au beau fixe, mais une rentrée studieuse approchant à grand pas et les vacances définitivement derrière nous, le coeur n'est pas forcément à se dire qu'il va falloir s'y remettre. Par chance, au W-Fenec on a (presque) la solution et elle s'appelle Black Rainbows. Car avec ce Twilight in the desert, le power-trio italien, dernière découverte en date de Longfellow Deeds Records nous renvoie en plein périple rock'n rollesque au beau milieu du désert de Mojave assommé par un petit 42° à l'ombre et justement pas l'ombre d'un cactus pour s'abriter... (en même temps, pas évident de trouver un peu de fraicheur sous un cactus en général). Twilight in the desert débute par un réveil embrumé après une nuit peuplée de songes psychédéliques et hallucinés, une intro éponyme furtivement rampante, énigmatique qui se dissipe comme les brumes alcoolisées d'une soirée un peu trop arosée. Lorsque l'on est de nouveau sur pied, "Shaman visions" nous aide à définitivement recouvrer nos esprits. Perçant les volutes de fumée blanche, les guitares de ce trio de fils du désert se lancent à corps perdu dans un road movie sonore, énergique et psychédélique, le tout sur des rythmiques arides et des mélodies asséchées mais fédératrices.
Gorgées de quelques soli de gratte sulfureux, ces visions chamaniques nous guident assurément vers l'antre des dieux du stoner rock : j'ai nommé Kyuss. Riffing plus incisif que précédemment, refrain entêtant, section rythmique qui fait des ravages, "Constellation" fait parler la poudre sans se départir de quelques fulgurances hallucinées propre au psyché-rock que Black Rainbows dilue sans complexe dans un stoner des plus classieux, mais terriblement efficace. On pense à Lowrider et à toute la flopée de groupes qui à suivi les auteurs de l'excellentissime Ode to Io et le groupe nous emmène au coeur des dunes de sable à coup de power-rock aux relents stoner et aux influences lorgnant du côté du son des 70's ("Comin' down the mountains"). Guitares lascives, groove psychédélique étourdissant et maîtrise formelle bluffante, le trio italien balance son feeling dans les enceintes avec l'insouciance de mecs qui font juste ça pour prendre un plaisir fou à répéter ensemble. Morceaux après morceaux, Black Rainbows envoie toujours plus de décibels, notamment sur la première partie de "Follow your pattern", avant de réfreiner un temps ses ardeurs power-rock pour s'engager sur une longue plage de space-rock instrumental hypnotique et de finir en faisant parler les guitares dans un final, rugueux, massif et solidement burné. Une ballade à travers le désert, en acoustique et en contemplant un panorama des plus dépaysants plus tard ("Don't trust") et revoilà que le trio romain appuie sur la pédale d'accélérateur, lâche les cheveaux pour un "Mind revo" heavy rock à la fois urgent et dompté avec maîtrise, éléctrique, turgescent et ravageur. Après nous avoir fait voyager à travers les immenses étendues désertiques à travers l'Arizona et le Nevada, les auteurs de Twilight in the desert nous ramène sur le vieux continent avec "This road", un morceau mid-tempo, répétitif, typiquement "stone" rock et destiné à nous faire un peu plus prolonger un voyage au royaume du rock caniculaire et bourdonnant, avant de nous ramener à des préocupations plus terre à terre... Mais avant de passer à ça, on ne peut que reconnaître que pour un coup d'essai, les Black Rainbows réussissent là un coup de maître, car rares sont les albums qui auront si bien porté l'étiquette "desert rock" depuis les illustres Kyuss...