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Black Label Society / Chronique LP > Grimmest hits

Black Label Society - Grimmest hits Attention, cet album de Black Label Society n'est pas un nouveau "greatest" hits (et donc un best of) mais bien une collection de "titres les plus sombres". Un peu à la couleur des jours que passe leur ancien guitariste Nicholas Catanese désormais plus connu comme pédophile. Pour autant, pas sûr que Zakk Wylde ait pensé à lui pour écrire cet opus partagé entre sludge bluesy et relances hard rock vintage du plus bel effet. Grâce à un son ultra chaleureux et des mélodies ciselées, les Californiens nous embarquent dans leur trip avec une facilité déconcertante, la qualité technique du combo n'est plus à prouver mais réussir à transformer ces qualités en compositions accrocheuses et dénuées du (dé)goût de "déjà entendu" (c'est leur neuvième album), c'est autre chose. Et là où par le passé, les BLS se sont parfois laissés aller à trop saupoudrer de guimauve les titres plus langoureux, ici, ils gardent de l'accroche, que la guitare tienne le premier rôle ("The only words", "The day that heaven had gone away") ou que le chant ne ronronne pas de trop ("Nothing left to say"). Et ils se mélangent assez bien aux morceaux qui jouent plein gaz ("The betrayal" !).

Black Label Society / Chronique LP > Order of the black

Black Label Society - Order to the black Black Label Society est de ces groupes qui, de part leur histoire, leur trajectoire et leur position sur une scène rock/heavy metal foisonnante, font figure d'éternel seconds couteaux, certes régulièrement efficaces mais toujours dans l'ombre d'un monstre sacré, incontournable, bigger than life. Ici, on pense évidemment à la figure tutélaire du heavy anglo-saxon qu'est Ozzy Osbourne, inénarrable frontman de Black Sabbath, dont Zakk Wylde, leader de BLS, fut le guitariste... quinze années durant. Et depuis 12 années, son groupe, s'il enchaîne les albums à intervalles plus que réguliers (huit tout de même) et les tournées jusqu'à ce que mort s'ensuive, n'est toujours pas le blockbuster stoner/heavy metal qu'il aurait pu (du ?) être.

Un peu moins de quatre ans se sont écoulés depuis un Shot to Hell pas franchement convaincant, quand bien même il s'était plutôt bien vendu et ces temps d'industrie du disque sinistrée, et voici que les bikers de BLS reviennent sur le devant de la scène plus en forme que jamais avec un Order of the black chargé en testostérone... mais pas que. Histoire de ne pas laisser l'auditeur se poser des questions quant à ce que pouvait réserver ce nouvel effort, le groupe attaque pied au plancher et met tout le monde à genou avec un "Crazy horse" méchamment burné et dopé aux soli de sniper d'élite. Là forcément, comme ça, d'entrée sans prévenir, ça calme... d'autant plus que le groupe enchaîne avec un raid heavy stoner ("Overlord") puis sur le diabolique "Parade of the dead". A ce niveau là, c'est imparable. Evidemment pour l'originalité on repassera, mais pour le reste, l'efficacité rock'n'roll, la puissance de feu d'un croiseur et la bonne dose de "cool" qui fait bien, rien à redire, le Black Label Society cuvée 2010 arrache un arbre à 300m de distance. Un sans-faute...

... jusqu'à "Dark days". Quatrième titre et premier d'une belle série de plantages. Parce que là quand même, d'accord on connaissait l'amour que porte Zakk Wylde aux balades rock (avec clavier lourdingue) pour ménagère de plus de cinquante ans, mais le résultat est indigeste (il remet du reste ça sur le non moins pénible "Time waits for no one"). On passe et on oublie en repartant sur les routes, la fleur au fusil avec "Black sunday" et surtout l'implacable "Southern dissolution", monstrueux d'efficacité stoner et de feeling heavy bien saignant. Les riffs en avant, la rythmique bien carton et la mélodie taillée pour le live en sus, le groupe fait ce qu'il maîtrise le mieux, soit un gros rock bien frontal qui en met plein partout dans les enceintes en faisant fumer le bitume et les les amplis avec ("Godspeed Hell bound"). Une nouvelle ballade ("Shallow grave") et un interlude aux sonorités sud-américaines ("Chupacabra") plus loin, voici LA bombe à fragmentation du disque : "Riders of the damned", histoire de rappeller quand même que cet Order of the black a aussi quelques beaux arguments à poser sur la table. Une bonne rasade de grosses maraves rock'n'roll, mais une poignée de ballades boursouflées, un disque aux deux visages mais qui, rien que pour ses titres bien velus et rentre-dedans, mérite certainement que l'on s'y attarde.