TBHP - Blood bunny / black rabbit Entre deux albums et tournées, les très prolixes The Black Heart Procession en profitent pour lâcher un petit EP au tirage limité (comme d'habitude chez Temporary Residence Ltd.) composé de 3 titres originaux et d'une grappe de remixes plus ou moins dispensables. Nul besoin de se poser la question bien longtemps, les titres signés TBHP sont comme prévus les plus intéressants. "Blank page" surtout qui, très ironiquement se révèle bien plus inspiré que son nom ne laissait le supposer, de part sa dynamique rythmique particulièrement enlevée comme sa mélodie très pop, légèrement teintée d'électronique et appuyée par des instrumentations stylisées avec classe. Plus classieux, "The orchid" voit le groupe jouer avec emphase la carte de la hype indé au travers d'un morceau "contem-plaintif", certes pas mauvais, mais un peu chargé en effets pas forcément du meilleur goût. Troisième et dernière composition originale signée par le groupe, "Devotion" n'est clairement pas non plus à ranger dans ce que le collectif a fait de mieux dans sa carrière malgré quelques arrangements retro pas mal ficelés, mais le minimum syndical est globalement respecté.
Trois morceaux bien différents dans leur approche comme finalité, assez éloignés de ce que l'on avait pu écouter sur le dépressif et désenchanté Six et donc cinq remixes pour compléter cet EP sans doute destiné avant tout aux inconditionnels des natifs de San Diego. Deux relectures aux rythmiques mathématiques signées Mr.Trouble ("Silence", "Heaven below") pour des résultats assez expérimentaux, quoiqu'un peu obscurs, un "Freeze" fumeux et surtout pénible revu et corrigé un Lee "Scratch" Perry qui est certes une icône de la musique en Jamaïque (et ailleurs), mais ici complètement hors-sujet. Ne restent donc que les remixes du trio électro-pop Jamuel Saxon aux résonances hip-hop indé et aux atmosphères parfaitement ciselées puis la relecture de "Drugs" par Eluvium. Et là encore sans surprise, Matthew Cooper confirme son talent pour se réapproprier l'univers du groupe qu'il remixe afin de le confiner dans sa sphère musique atypique. Prévisible on l'a dit mais plutôt sympathique... à défaut de mieux, à l'image du reste.