Birth of Joy - Get well Ce soir, c'est Birth of Joy en live !
Quelques années en arrière, un pote partageant avec moi le goût du rock psychédélique m'avait fait découvrir ce groupe en faisant tomber dans mon oreille Life in Babalou. Avec la sortie début 2016 de l'album Get well (plutôt bien filé), l'envie d'aller voir les Hollandais en concert me titillait quelque peu. Ben voilà, c'est là !

Enfin, pas tout à fait. D'abord, une première partie inconnue au bataillon. Eyes Shaker est une formation Haut-Savoyarde qui se revendique du rock n'roll des années 60 et du rock psychédélique. Sur scène, nous avons en tout et pour tout un batteur et un gars derrière ce qui ressemble à un double synthé. Un duo dont chaque membre est disposé avec son instrument de 3/4 par rapport au public. Le son est fort et tellement bon que la petite centaine de personnes contenue dans la salle est scotchée. Le batteur est d'une technicité et d'une rapidité impressionnante. Au bout de quelques titres, il cogne si fort qu'on est plusieurs à se regarder en se disant "oh oui, il envoie du gros !". Derrière son synthé, le chanteur assure des mélodies bluesy à la voix qui invoque plus d'une fois l'esprit des Doors. Son instrument sort les sonorités de guitare et d'orgue. En milieu de set, Eyes Shaker se propose de nous jouer un slow, leur "Nothing else matters" annoncent-ils non sans un petit sourire en coin. Le titre est beau et sans plus attendre, le groupe repart à fond de cale. La salle chauffe et l'humour des musiciens lors des interludes n'est pas pour la refroidir. Avant même la fin du set, on se dit déjà dans les rangs que la découverte est superbe. Clou du spectacle : "Ace of spades" de Motörhead. Cueilli par surprise, je prends une véritable baffe devant ce duo qui assure comme un chef sur un terrain où je suis impartial. Le public ne veut plus quitter le groupe. Mais c'est l'heure de laisser place à Birth of Joy qui doit se débrouiller avec ça.

Un démontage de scène et quelques bières plus tard, Birth of Joy se met face à notre petite centaine de personnes. Le trio enchaîne cinq titres ponctués sobrement d'un "Merci les amis". Vont-ils nous jouer l'album sans rien dire et puis partir ? Non, le groupe est tout simplement en train de nous tirer dans son univers en cherchant à nous faire oublier la première partie. L'observation des premières minutes passe et naturellement les têtes s'agitent dans de plus en plus. La salle vient d'accepter un nouveau voyage musical. La batterie est réglée sur un son de basse très fort étouffant quelque peu la guitare et le chant. Cela dit, le gars derrière les fûts est très bon et fait vibrer son public en allant jusqu'à utiliser un gong énorme et argenté. La clavier occupe la place forte alternant les mélodies planantes et agressives. Le chanteur-guitariste perche littéralement on audimat sur "Meet me at the bottom". Le public est à point. Il tombe la chemise et s'arme d'une gibson SG. Reprise tumultueuse avec des morceaux tels que "You got me howling" ou encore "Blisters". La courbe ne redescend plus, l'ambiance est électrique. Fini les têtes qui bougent sans le corps. Un gars aux cheveux longs devant moi est en pleine transe. Il ne tardera pas à se faire entraîner dans le pogo de l'avant scène. Birth of Joy sort de son chapeau "Hands down". Proche d'un rock electro, le morceau enflamme une salle chauffée à blanc. Le guitariste regarde ses collègues d'un air interrogateur. "On continue ? Faut voir, ils sont bien haut, on sort pour en discuter ?" semblent-ils se dire. Birth of Joy revient pour le rappel. Le groupe claque deux titres comme une bise à un public grenoblois comblé. Débriffe à chaud : du bon et que du bon. Alors si les cocos passent par chez vous, sautez sur l'occaz ou mordez"vous les doigts !