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Alicia Merz "est" Birds of Passage, une charmante musicienne néozélandaise qui écrit, chante, arrange quelques poignées de morceaux dépouillés, lo-fi et minimalistes, oscillant entre pop, folk et shoegaze perdu dans un océan de douceur. Entouré de nombreux musiciens en concert (le line-up live étant à géométrie fort variable), Alicia revendique l'héritage qu'ont sur elle les Cocteau Twins, Slowdive et autres Sigur Ros. En 2010, Alicia sort son premier album, Without the world dans son pays natal (via Future Recordings) avant d'être repérée par les gens de chez Denovali, qui le rééditent au printemps 2011. [ [nz] Future Recordings (18 hits)External ]

Birds of Passage / Chronique LP > This kindly slumber

Birds of Passage - This kindly slumber Devenue en l'espace de quelques années et une poignée d'albums remarquées, la nouvelle princesse de la scène dream-pop planétaire, la néo-zélandaise Alicia Merz ne compte pas s'arrêter en chemin et poursuit donc sa route avec This kindly slumber. Toujours dans les mêmes sphères musicales, à relier avec les scènes ambient, dream-pop et shoegaze très indie, toujours hébergée par ce label que tout le monde veut rejoindre et personne ne le quitter (d'où un roster qui commence à être plus que conséquent.) : Denovali Records (Bersarin Quartett, Greg Haines, John Lemke, Origamibiro, Talvihorros, The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble, etc...).

Fidèle dans sa relation avec la maison de disques qui l'a fait connaître, la compositrice/vocaliste l'est également dans son aptitude toujours aussi flagrante à faire naître des émotions rares, portée par sa voix angélique comme à l'accoutumée, bercée par des mélodies diaphanes comme des atmosphères feutrées propices à l'évasion des sens (le magnétique "Ashes to ashes", le sublime "Belle de jour"). En à peine deux morceaux, on s'est déjà de nouveau immergé dans l'œuvre si particulière, atypique, de la demoiselle. Et quand bien même nous voudrions y "échapper", celle-ci vient invariablement nous happer pour nous emmener dans ses sphères musicales enchanteresses (ténébreux "And all of your dreams"). On aime s'y perdre, plonger sans filin dans cet univers sonore céleste, que la native de la Terre du Milieu fait évoluer par petites touches, presque imperceptibles et qui ne se dévoilent qu'au prix d'écoutes attentives et répétées ("Stranger", "Take my breath").

On suit le cheminement de l'artiste kiwi, toujours hypnotisé par cette voix à la fois envoûtante, figée hors du temps ("Yesterday's stains") et ses velléités créatives nouvelles, davantage portées par des tentations néo-classiques que par le passé. Celles-ci sont pourtant parfaitement assumées, conférant de fait une tonalité plus ténébreuse, ombrageuse par moments même, à cet ensemble parfaitement équilibré qu'est This kindly slumber (en témoigne notamment le dernier titre : "Lonesome tame"). Un disque en forme de songe éveillé, un rêve semi-conscient, comateux dont on ressort longuement troublé. Un jolie habitude avec Birds of Passage...

Birds of Passage / Chronique LP > Winter lady

Birds of Passage - Winter lady Il y a eu la réédition du magnifique Without the world en début d'année, sa collaboration avec Leonardo Rosado (Dear and unfamiliar il y a quelques semaines, voici maintenant une troisième sortie en moins de neuf mois pour Alicia Merz, la jeune néo-zélandaise qui se cache derrière le pseudonyme de Birds of Passage. Et alors que sont rédigées ces quelques lignes, celle-ci est déjà à pied d'oeuvre sur un projet d'album composé et enregistré à quatre mains avec Gareth Munday aka Roof of Light, sous le patronyme de Brother Sun, Sister Moon. Bluffant lorsque l'on connait le soin tout particulier que la demoiselle met dans l'écriture des pépites qui compose les différents enregistrements qu'elle publie.

Winter lady ne déroge pas à la règle et ce sont à quelques quarante-six nouvelles minutes d'une immersion intégrale dans son univers atypique auxquelles nous convie Alicia. Toujours ces post-pop/folk songs intemporelles évoquant avec chaleur des paysages glacés, toujours cette impression de flottement qui s'empare de nous lorsque l'on cède aux charmes de sa musique, ce mélange si particulier et troublant de Slowdive, Cocteau Twins et Sigur Ros qui nous invite à l'abandon sensoriel le plus absolu. L'inaugural "Fatal melody" nous laisse entrevoir sa beauté diaphane et doucement, sans même s'en rendre compte, on se plonge dans la nouvelle création de Birds of Passage, ses douces comptines feutrées empreintes d'une poésie celeste ("Highway men in midnight masks"), ses mise à nu pudiques et douloureuses ("Away with the night")... Difficile, voire impossible de ne pas succomber.

On a beau essayer de trouver à redire, Alicia semble avoir la capacité de balayer toute velleité critique sans pour autant forcer le trait, mais avec une grâce et élégance presque indéfinissable. "Disaster of dreams" est à ce titre une merveille de maîtrise du songwriting : un mélange de dépouillement affectif et en même temps de cette fragilité désarmante survolée par une nuée d'effets qui fugitivement font basculer l'album dans les affres de la solitude mélancolique ("Hollow", "The monster inside you"). Birds of Passage est hanté(e) par les fantômes qui agitent son âme avant de les laisser s'en aller vers une quiétude infinie (et nous avec), en témoigne le très beau "Waltz while we sleep" qui conclue avec classe ce Winter lady. Une énième ode à l'évasion émotionnelle qui promène son spleen entre ombre et lumière, douceur et déprime, et fait danser comme nul autre pareil l'âme de son auteur et celle de son auditeur. Slow dive...

Birds of Passage / Chronique LP > Dear and unfamiliar

Birds of Passage & Leonardo Rosado - Dear and Unfamiliar Après son très beau Without the world réalisé quasiment en solo, Alicia Merz aka Birds of Passage s'est cette fois associée au poète/compositeur/photographie portugais Leonardo Rosado (la mondialisation a aussi parfois du bon) pour livrer un album écrit à quatre mains : Dear and unfamiliar, sorti via l'inévitable Denovali Records ; le principe : lui compose, elle pose sa voix si particulière et enivrante sur la partition. Et comme on s'y attendait, délicat et d'une grâce épurée incomparable, le résultat de cette collaboration est un petit bijou de post-pop cristalline et feutrée, qui fait glisser vers l'intime quelques esquisses mélodiques à la beauté fascinante.
"Dear and unfamiliar", "Here's looking at you kid", "You wore blue", les morceaux se suivent, se ressemblent à s'y méprendre pour ne former "qu'un" tout indivisible et délicieusement harmonieux, comme un songe hivernal et glacé dont on sortirait doucement pour admirer des panoramas célestes avant de replonger dans une torpeur séraphique qui viendrait effleurer notre âme. Birds of Passage vs Leonardo Rosado, c'est une musique à la fois précieuse et angélique, une ode à l'abandon sensoriel qui épouse les contours les plus éclatants d'une émotion naturelle et inaltérée. Pure. On se laisse envelopper par les halos synthétiques de "We'll always have Paris", l'osmose évidente qui naît entre les deux musiciens a beau se draper d'un minimalisme ambient/shoegaze/post-pop de façade, être agrémenté de quelques bricolages sonores ("A kiss is just a kiss", "Of your charm"), l'album est bercé par cette mélancolie rêveuse qu'offre le timbre de voix et l'interprétation d'Alicia ("To wander slow with me"), jusqu'à nous faire encore et encore succomber.
Ecouter Dear and unfamiliar, c'est tomber amoureux d'une musique cinématique à fleur de peau, d'un disque qui orchestre ici une rencontre artistique ayant enfantée d'une oeuvre magnétique et troublante ("Your lullabies", "I wonder if you sing it now"), un petit bijou de poésie fragile à écouter, dans l'idéal, seul(e), isolé du monde pendant une interminable nuit d'hiver...

Birds of Passage / Chronique LP > Without the world

Birds of Passage - Without the world Birds of Passage c'est elle. Elle, Alica Merz, jeune néo-zélandaise qui sur ce Without the world prend l'auditeur par la main et l'emmène avec une douceur infinie, dans un autre monde, une dimension parallèle où nos sens sont bercés par sa musique, à la fois contemplative et propice à l'évasion de l'esprit. Douze pièces d'une pop-rêveuse et lo-fi, quelque part entre Björk, Sigur Ros, Cocteau Twins, The Album Leaf et Slowdive avec cette petite griffe inimitable qui fera ici tout le charme de cet album. Une brève intro minimaliste et feutrée avec "You" puis "Scarlet monkeys" entrouve la porte menant au royaume des songes, par le biais d'un morceau intimiste et éthéré pour lequel les arrangements sont réduits à leur plus simple (et magnifique) expression, porté par le souffle la voix, feutrée et fascinante d'Alicia.

Difficile de ne pas se perdre dans la musique de la néo-zélandaise, qui après avoir littéralement envoûté son auditoire, sort sa guitare acoustique et lui adjoint quelques petites touches électro-acoustiques venant perler sur la partition, pendant que de son timbre de velours, elle continue de bercer nos rêves. "Fantastic frown" est pop, folk également, avec ce petit "truc" en plus, qui rend le résultat à la fois enchanteur et exaltant. Une pointe d'Elysian Fields, une légère nappe ambient atmosphérique, "Pray for a sunny day" et son onirisme délicat semble faire entrer le rêve dans un autre rêve, imbriquant les différentes couches de notre inconscient, avant que "Skeletons" ne vienne nous ramener à une réalité dont on ne devine que les contours. Une pop shoegaze brumeuse et légèrement électrique, introspective et poétique ("The patterns on your face", "Heal"), l'oeuvre de Birds of Passage est empreinte de cette poésie fragile que l'on ne rencontre que très rarement. Elle n'en est que plus précieuse.

D'une beauté lancinante incomparable, à la fois dense et étonnante de sensibilité, pudique et ravissante ("All my lines"), la musique d'Alicia Merz est de celle que l'on susurre à l'oreille, au coin du feu, lorsque les derniers flammes crépitent dans le foyer, animant en nocturne, les derniers instants de lucidité avant de basculer dans l'inconscience, au coeur d'une interminable nuit d'hiver ("Whisper a word", "My own mind"). Chaque syllabe semble avoir été longuement pesée, le moindre des arrangements patiemment mûri par cette jeune femme, qui avec son Without the world, n'en finit plus de nous faire visiter cette univers aux panoramas idylliques et diaphanes qui est le sien ("Those blackest winter nights"). Et lorsque "Alone and raw" vient refermer l'album, par ailleurs livré dans un magnifique digipack au design épuré (merci Denovali), on ne peut désormais plus faire qu'une chose, sortir du coma critique dans lequel nous avions jusqu'à alors été plongés et adouber cet authentique chef-d'oeuvre, beau à en pleurer...

NB : pour l'info, le disque est à l'origine accompagné d'un recueil de poésies intitulé "A Garden of secrets", ceci expliquant sans doute cela.