The Beths-Straight line Un nouvel album de The Beths, ça ne se loupe pas ! En effet, c'est toujours un régal de retrouver mes Néo-Zélandais préférés, érigés au rang de "bon tuyau" fin 2022 dans le W-Fenec Mag #53, tuyau validé haut la main par mon camarade Gui de Champi. Je défie à ce titre quiconque de ne pas être touché, conquis par l'indie-rock de la bande à Elizabeth Stokes, qu'on peut à certains égards rapprocher de celle de Matthew Caws (Nada Surf).

Et pourtant, comme à chaque nouvelle livraison depuis 2018 et Future me hates me, j'ai eu une première sensation de légère déception. Celle qu'on connaît toutes et tous, le fameux "c'était mieux avant". Alors oui, peut-être que si je devais ranger les albums de The Beths, ils seraient hiérarchisés par ordre chronologique. Il n'empêche que Straight line was a lie, tout comme les précédents Expert in a dying field (2022) et Jump rope gazers (2020) sont également d'excellents disques, que je ressors régulièrement. Un album de The Beths, pour faire dans l'analogie et le cliché grossier, c'est un peu comme cette girl next door de certains films américains. Sympathique au premier abord, ses charmes plus profonds se révèlent davantage sur la longueur. Il en va de même avec les morceaux du quatuor, qui tout efficaces qu'ils soient à la première écoute, se montrent encore plus riches et attachants quand on y prête plus d'attention. Il faut dire que le groupe ne se contente pas d'appliquer la sacro-sainte formule pop, couplet refrain x2 + pont en 3 minutes chrono, qui a pourtant largement fait ses preuves. Non, en véritables orfèvres de la musique et de la mélodie, ils raffolent des arrangements de guitare (mais aussi de piano, ou de flûte sur "No joy") dans tous les sens, des petits breaks par-ci par-là, des chœurs souvent haut perchés (mais toujours justes et bien placés) à tout va, sans jamais que cette complexification ne vienne dénaturer les chansons.

Niveau ambiance, si le mood penche plutôt vers une certaine mélancolie, voire une certaine gravité (cf. le poignant "Mother, pray for me"), comme pour les autres disques, on est happé par un sentiment général très feel good. Straight line was a lie, à commencer par son titre d'ouverture éponyme assez catchy, s'écoute (et se réécoute) le cœur léger, le sourire aux lèvres, même avec la montée crescendo d'émotions vives provoquées par le vibrant "Til my heart stops", ou "Take" (sûrement mon titre préféré) et son final tout en intensité mesurée.

Je pourrais citer tous les titres qui ont chacun leur spécificité, mais je ne saurais que trop te conseiller de filer l'écouter, et t'en faire ta propre idée.